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Soins intensifs: découverte majeure d’une équipe de l’Hôpital cantonal

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Tribune de Genève, tdg.ch 
Vendredi, 7 décembre 2012

Grâce à une recherche liée à la nutrition, on en sait davantage sur les infections nosocomiales qui touchent les patients de cette unité

Publiée dans la prestigieuse revue médicale The Lancet , une recherche clinique effectuée aux soins intensifs des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) devrait permettre une avancée importante dans la prévention des infections nosocomiales. Appelées aussi hospitalières, ces infections, absentes lors de l’admission d’un patient, sont contractées dans l’établissement de santé.
L’équipe du Dr Claudia Heidegger, médecin adjointe aux soins intensifs, et du Pr  Claude Pichard, de l’unité nutrition, est parvenue à déterminer qu’il est possible de diminuer de 20% le risque d’infections nosocomiales aux soins intensifs, une unité qui accueille plus de 2500 patients par an. Comment? En agissant sur leur nutrition, rapportent les HUG.
L’essai clinique, effectué en collaboration avec des spécialistes du CHUV, à Lausanne, a démontré que la sous-nutrition des patients peut constituer un terrain propice aux infections nosocomiales. Or, la plupart des personnes admises dans cette unité sont alimentées de façon artificielle. Soit au moyen d’une sonde dans l’estomac, une technique traditionnelle qui se révèle souvent insuffisante pour couvrir des besoins énergétiques élevés, soit par voie intraveineuse. C’est en combinant ces deux techniques que les chercheurs sont parvenus à réduire de façon significative les risques d’infections nosocomiales, en permettant une nutrition individualisée optimale.
L’étude a porté sur 305 patients, durant cinq jours. Une partie d’entre eux a été alimentée avec la technique combinée, l’autre avec la sonde gastrique traditionnelle. Les résultats ont montré que les patients ayant bénéficié d’une nutrition combinée récupéraient mieux de leur état critique. A la clé, la réduction des jours sous antibiotiques et de la durée de l’assistance respiratoire.
L’étude pourrait aussi avoir des répercussions bénéfiques sur les coûts de la santé. Une infection nosocomiale sévère aux soins intensifs coûte en effet 15 000 francs en moyenne.
Xavier Lafargue

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