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Dépression post-partum: quel risque pour l’enfant?

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Tribune de Genève, tdg.ch 
Samedi, 15 novembre 2012

Une étude, menée notamment au CHUV, a testé plus de soixante familles via le jeu du trilogue

Avec son équipe, Nicolas Favez, psychologue et professeur associé à l’Université de Genève, a invité, au Centre d’étude de la famille du CHUV, 65 familles à venir jouer face caméra le «jeu du trilogue de Lausanne» (LTP, Lausanne Trilogue Play). Ceci trois mois, six mois et dix-huit mois après la naissance de bébé. L’objectif de l’étude est de savoir si la dépression post-partum peut être négative sur le développement de l’enfant. Explications parues dans le dernier journal Horizons  du Fonds national suisse de la recherche scientifique.
Le LTD est une méthode visant à évaluer la communication au sein de la cellule familiale. «Un parent s’occupe de l’enfant pendant deux minutes, alors que l’autre fonctionne en tiers observateur, puis les parents échangent leur rôle; ensuite les deux parents et l’enfant interagissent à trois; à la fin, les deux parents discutent sans impliquer l’enfant.» Nicolas Favez explique: «Nous codons les films, par exemple en analysant la fréquence à laquelle les membres de la famille se regardent ou se tournent le dos, et dans quelle mesure ils coordonnent leurs actions.» Cela s’appelle l’alliance familiale qui s’avère forte ou faible, selon les activités bien ou mal coordonnées. C’est le cœur même de cette étude qui «cherche à établir si l’alliance forte est susceptible d’atténuer l’impact négatif qu’un mal-être engendre souvent dans le développement émotionnel de l’enfant». En effet près de 20% des mères et 10% des pères basculent dans un état dépressif pendant l’année qui suit la naissance de bébé. Et ces parents, justement, ont tendance à réagir plus faiblement à leur enfant; ainsi, pour les enfants, le risque de développer plus tard des difficultés de concentration ou de ne pas réussir à réguler leurs émotions est plus élevé.
Pour Nicolas Favez, la solution semble claire: «La prise en charge de la dépression post-partum ne devrait pas seulement être centrée sur la relation du parent malade à l’enfant, mais aussi l’ensemble du réseau relationnel intrafamilial, comme dans le cadre des thérapies systémiques.»
Horizons  No 94, septembre 2012
Sandra Joly

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