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Conflit de la Providence: panne gouvernementale

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Jeudi, 20 décembre 2012

HÔPITAUX

Hier à 11 h, le président du Conseil d’Etat neuchâtelois, Philippe Gnaegi, a annoncé triomphalement aux médias qu’un accord a été trouvé dans le conflit social qui mine depuis des semaines l’Hôpital de la Providence. Il a expliqué que le groupe Genolier, qui a racheté la Providence, s’est engagé à garantir les postes et les revenus des 340 employés. En échange, l’Etat continuera de financer des prestations publiques confiées à cet hôpital désormais en mains privées.
Mais tout sera à renégocier dans une année, car Genolier n’a toujours pas accepté d’appliquer intégralement la CCT des métiers de la santé. Or cette exigence est portée par une poignée de grévistes avec les syndicats SSP et Syna. Le deal du Conseil d’Etat va-t-il les satisfaire? Pour le savoir, il aurait fallu qu’ils aient été informés, ce que le gouvernement n’a pas jugé prioritaire.
Se rendant compte de l’impair, Philippe Gnaegi a soudain demandé aux médias de ne rien publier avant 16 h, le temps de recevoir les contestataires! Résultat: ils sont ressortis furax en fin d’après-midi de leur rencontre avec le gouvernement. «Nous aurions dû être informés en priorité et nous devons maintenant discuter entre nous de la suite à donner à notre lutte», confiait hier soir Chantal Hayoz, secrétaire centrale de Syna.
Et de donner rendez-vous aux médias ce jeudi midi devant la Providence, où le piquet de grève est menacé d’évacuation par la police. Si le but du Conseil d’Etat était de calmer le jeu, c’est plutôt raté. A suivre, avec ou sans lacrymogènes!   
LUDOVIC ROCCHI 
ludovic.rocchi@lematin.ch

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