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J’ai remarché grâce à un robot

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Jeudi, 20 décembre 2012

Le Vaudois Benoît Thévenaz fait partie des rares paralysés du monde à avoir pu tester un prototype dernier cri d’assistance musculaire. «Le Matin» a assisté à sa performance, en Angleterre.

La scène est sidérante. Mardi, l’ancien espoir suisse du motocross, le Vaudois Benoît Thévenaz, 27 ans, tétraplégique en chaise roulante depuis 2005, a marché de nouveau. Un total de 622 pas, en un peu moins d’une demi-heure. Une prouesse rendue possible grâce à une combinaison robotique de type exosquelette. «Le Matin» était sur place, au cœur du Melbourn Science Park, à 13 km de Cambridge (GB).
«Pour l’entreprise humaine»: la banderole noire flanquée du slogan de la firme californienne Ekso Bionics ne passe pas inaperçue dans la petite salle de gym aux murs blanc crème, utilisée comme centre de rééducation. C’est ici que cette entreprise spécialisée dans le développement de robots pour personnes à mobilité réduite a donné rendez-vous à Benoît Thévenaz. Après une brève prise de contact avec l’équipe d’encadrement, le Vaudois se retrouve rapidement face à la «bête»: un prototype à forme humaine, muni de quatre moteurs miniatures (deux au niveau des hanches et deux aux genoux), d’un ordinateur et d’une batterie (4 heures d’autonomie) dans le dos, le tout piloté par télécommande. Poids de ce condensé de technologie: 23 kilos.
L’engin fait forte impression. «Il est plus abouti que tout ce que nous avons pu voir jusqu’ici», lance Kim Schaffter, 21 ans, l’un des trois accompagnants du Vaudois. Il y a deux semaines, les deux amis étaient dans la région de Dortmund (D) pour tester en première européenne le prototype d’une firme japonaise. Un modèle qui a déçu, malgré sa technologie prometteuse d’électrostimulation combinée à la robotique.

Equipe d’encadrement bluffée

C’est tout le contraire qui s’est produit avec le robot californien. L’ancien sportif, qui impressionne déjà la galerie en pratiquant depuis cet été de nouveau le cross sur «sa» piste de Bullet (VD), a littéralement bluffé les représentants d’Ekso Bionics. Et pour cause: Benoît Thévenaz n’a pas tardé à troquer le déambulateur contre une paire de béquilles pour soutenir ses pas. «On n’a jamais vu quelqu’un s’approprier si rapidement notre produit», nous confie Markus Nielsen, responsable des relations avec la clientèle, qui se réjouit d’envoyer les vidéos de sa performance à ses collègues américains.
«C’est incroyable de se retrouver debout, je n’ai plus l’habitude d’évoluer en trois dimensions», lance le Vaudois, polymécanicien de formation, qui préfère toutefois attendre avant de craquer pour un tel robot. Ne serait-ce que pour réunir les fonds, le prix avoisinant les 150 000 francs. Prochaine échéance pour cet amoureux de la vie: une greffe de tendon aux triceps à fin janvier, pour raviver ses bras. Un an après son injection de cellules souches en Ukraine. Bienvenue au XXIe siècle.
benjamin.pillard@lematin.ch
● BENJAMIN PILLARD, CAMBRIDGE

 

 

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