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Les infirmières au front !

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Vendredi, 21 décembre 2012

Les grévistes de l’Hôpital neuchâtelois de La Providence poursuivent leur lutte. L’enjeu est national.

Ni le froid ni les menaces d’expulsion ne découragent les grévistes de l’Hôpital de La Providence, à Neuchâtel. Hier matin, sous leurs tentes de fortune, les contestataires, des infirmières en majorité, ont décidé de reconduire leur mouvement jusqu’à la fin du mois de janvier au moins. Mais, dans l’après-midi, grévistes et syndicats se sont retrouvés face à un juge pour savoir si leurs tentes placées sur le parking de l’hôpital devaient être évacuées ou non. «Par ultime gain de paix, nous avons offert un délai jusqu’au 31 décembre pour que l’installation des grévistes soit démontée», annonce Benoît Couchepin, porte-parole de La Providence.
En clair, les grévistes vont devoir se réunir ce matin pour décider s’ils obtempèrent ou non. A défaut, la police s’en chargera. Le conflit se durcissant et prenant une ampleur nationale, le clash semble programmé. Hier, sous la tente des infirmières en grève, des représentants nationaux des syndicats sont venus expliquer que leur combat doit envoyer «un signal fort à l’ensemble du pays». L’enjeu est simple: il s’agit d’obliger les acteurs privés du marché de la santé à respecter les conventions collectives de travail (CCT) en place, alors que les rachats de cliniques se multiplient.
A La Providence, la grève a été entamée il y a 25 jours en raison de son rachat par le groupe privé Genolier Swiss Medical Network (GSMN), qui refuse d’appliquer la CCT en vigueur pour les métiers de la santé dans le canton de Neuchâtel. Placé devant le fait accompli et obligé d’assurer les besoins sanitaires du canton assurés par La Providence, le gouvernement a donné jusqu’en 2016 au groupe Genolier pour appliquer la CCT ou des conditions équivalentes.

Combat pour la CCT

En échange, les repreneurs se sont engagés à maintenir les emplois et le niveau des revenus («Le Matin» d’hier). Mais, comme prévu, ce deal n’a pas convaincu les grévistes et leurs syndicats (Syna et SSP). «Nous voulons des garanties écrites, ce que le Conseil d’Etat n’a pas pu nous fournir», résume Yves Mugny, du SSP. Et, surtout, le combat doit continuer pour imposer la reprise tout entière de la CCT. «Tous nos collègues devraient nous rejoindre, ça irait plus vite!» s’est exclamée Carmen, infirmière depuis 26 ans à La Providence.
Jusqu’ici, une trentaine de grévistes se sont relayés. Selon la direction, ils ne seraient qu’une dizaine sur un total de 340 employés. «Tout le monde n’est pas concerné par la CCT, à commencer par les médecins. Et de nombreux collègues nous soutiennent, mais ont trop peur pour s’afficher», nuance une autre gréviste. «Nous ne nous coucherons pas!» a conclu provisoirement le meneur syndical Yves Mugny.
LUDOVIC ROCCHI       
ludovic.rocchi@lematin.ch

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