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Les syndicats réclament des garanties sur les promesses faites par Genolier

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Le Courrier, Genève lecourrier.ch 
Vendredi, 21 décembre 2012

NEUCHÂTEL • Le mouvement de grève se poursuit à la Providence. Les syndicats demandent des engagements fermes de la part du Conseil d’Etat.

Le conflit à la Providence se poursuit. Les grévistes estiment que les garanties données mercredi par le Conseil d’Etat dans le cadre de la reprise de l’hôpital de la Providence par le groupe Genolier sont faibles. Ils réclament des engagements fermes sur les emplois, la non-externalisation de services, le respect intégral de la CCT santé 21 au-delà de 2013 et l’absence de sanctions à l’encontre des grévistes.
«Le Conseil d’Etat n’a donné aucune garantie, ni sur le fait que le groupe Genolier renonce à licencier du personnel, ni sur le maintien des salaires actuels, ni sur le délai de protection des employés. Nous avons été très surpris d’apprendre que tout cela reposait sur la seule parole de Genolier et qu’aucune mesure de représailles n’a été prévue si ce dernier ne respecte pas ses engagements», a dénoncé à la presse Yves Mugny, secrétaire central SSP. «Nous attendons maintenant que le Conseil d’Etat obtienne de Genolier la garantie écrite de ce qui nous a été dit. Mais quand bien même cela serait fait, nous serions encore bien loin des revendications des grévistes: dès 2014, Genolier bénéficiera d’un régime d’exception qui lui permettra de conserver les missions hospitalières sans devoir appliquer la CCT santé 21», a-t-il ajouté.

Inscrire la CCT dans la loi

Pour tenter d’obtenir gain de cause, les syndicats comptent sur leurs relais au Grand Conseil afin d’inscrire dans la loi l’obligation d’appliquer la CCT pour obtenir des missions hospitalières publiques. Un projet dans ce sens sera déposé lors de la session de janvier du parlement. Ils feront également pression afin que le Grand Conseil refuse le crédit extraordinaire de 3 millions visant à couvrir le déficit 2012 de la Providence, estimant qu’il s’agit «d’un cadeau fait sans contrepartie». Les syndicats annoncent par ailleurs qu’ils sont disposés à entreprendre des négociations dès que le Conseil d’Etat et l’employeur l’entendront.
Concernant les plaintes civile et pénale qui ont été déposées à l’encontre des syndicats, une audience au Tribunal civil a eu lieu hier après-midi. A la suite d’une proposition de conciliation du juge, la Providence a accepté de prolonger jusqu’au 31 décembre minuit le délai pour démonter le piquet de grève. En cas de refus, le magistrat a laissé entendre qu’il suspendrait la procédure, une seconde étant pendante au Tribunal pénal. Le Ministère public pourrait alors mettre ses menaces d’évacuation à exécution.
Quoi qu’il en soit, les grévistes ont répété leur détermination à poursuivre la grève. «Si le piquet est démonté, comme la constitution nous l’autorise, nous nous installerons à l’intérieur de l’hôpital. Si l’employeur nous bloque l’accès des bâtiments, nous la poursuivrons dans un autre lieu, encore à déterminer», a conclu Yves Mugny.
Claude Grimm

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