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Malades du tabac, ils témoignent

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Mercredi, 9 janvier 2013

Pour la première fois en Suisse romande, une campagne anticlopes laisse la parole à des fumeurs sérieusement atteints. Six spots sont diffusés depuis lundi sur la RTS.

«J’ai une broncho-pneumopathie-chronique-obstructive irréversible. C’est suite à une dyspnée, où j’ai failli mourir, que la maladie a été identifiée trois ans après que j’ai arrêté de fumer mon paquet de clopes par jour.» Daniel Zurcher, 71 ans, est un survivant. Depuis plus de dix ans, le Genevois est contraint de prendre trois fois par jour divers coûteux médicaments qui empêchent la maladie de trop se développer. «J’ai toutefois souvent la sensation de manquer d’air, je ne peux plus courir et je suis très essoufflé lorsque je marche plus d’une heure, témoigne-t-il. Fumer n’a vraiment aucun intérêt et est dangereux, les gens doivent en connaître les conséquences.»
Daniel Zurcher, comme une dizaine d’autres malades du tabac en Suisse et en Belgique, a ainsi accepté de témoigner à visage découvert sur les méfaits de la cigarette. «Nous avons enregistré ces images en 2009, se souvient le Genevois. Jusqu’à hier, j’ignorais qu’ils seraient diffusés à la télévision. Mais je crois que les responsables du projet attendaient un subventionnement.» Ce que confirme Jean-François Etter, professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Genève, et initiateur de cette campagne choc. «Nos clips ont d’abord été postés sur Internet et nous cherchions un financement pour une plus grande diffusion, précise-t-il. Nous l’avons finalement obtenu du Fonds de prévention du tabagisme.» L’opération est estimée à quelque 625 000 francs.

Enquête en parallèle

Les spots seront diffusés sur la RTS 300 fois ces prochains mois, à intervalles réguliers. Une enquête sur l’efficacité du message sera menée en parallèle. Si les résultats sont positifs, et donc que le nombre de fumeurs diminue, il est possible qu’une campagne de ce type soit lancée en Suisse alémanique. Le professeur y croit. «Différentes études anglo-saxonnes ont démontré que les messages délivrés par des malades étaient ce qu’il y avait de plus efficace dans le domaine de la prévention», dit-il.
Une chose est sûre: certains témoignages et images ne laisseront pas indifférent. Surtout lorsque l’on sait que l’une des personnes filmées en 2009, mais dont le spot n’a pas été retenu, est décédée depuis le tournage.    
DIDIER TISCHLER TAILLARD
didier.tischler@lematin.ch

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