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L’aide à domicile rejoint l’Etat sur fond de tensions syndicales

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Le Courrier, Genève lecourrier.ch 
Jeudi, 10 janvier 2013

SOINS • La FSASD devient une régie autonome. L’occasion de rappeler les revendications du personnel, sous tension depuis des années.

Le grand Etat compte un nouveau membre depuis le 1er janvier. Treize ans après sa création, la Fondation des services d’aide et de soins à domicile (FSASD) intègre la famille des régies publiques autonomes sous le nom d’Institution genevoise de maintien à domicile (IMAD). Ce changement de statut entérine l’importance politique des soins prodigués à la maison dans la planification sanitaire du canton. Bien accueillie par les employés, cette modification de forme ne règle pas pour autant les problèmes de fond liés à leurs conditions de travail.
Nouveau statut, vieilles tensions. Le personnel de la FSASD dénonce depuis plusieurs années un manque d’effectifs récurrent dans l’institution pour faire face à l’augmentation des bénéficiaires et à la complexification des cas. Ils étaient d’ailleurs en nombre lors des différentes manifestations de la fonction publique de fin d’année en marge des discussions sur le budget 2013. «L’intégration de l’aide à domicile dans le giron de l’Etat pourrait nous donner davantage de voix au chapitre», se réjouit Davide De Filippo, secrétaire syndical au SIT. Les employés ont d’ores et déjà l’intention de se mobiliser au printemps. En attendant, le syndicat estime le manque de personnel à 120 postes, qui ont été demandés au Grand Conseil il y a plus de quatre ans. «Avec le vieillissement de la population et la volonté affichée des HUG de réduire les durées d’hospitalisation, on assiste à un report de charge sur l’aide à domicile.»

 Surcharge de travail
Au quotidien, les employés sont obligés de pratiquer des horaires très irréguliers pour combler l’insuffisance d’effectifs et un taux d’absentéisme élevé. En juin 2012, une nouvelle pétition demandait de réduire l’exigence de flexibilité et de prendre en compte les déplacements dans la planification des horaires. «La direction semble avoir enfin compris qu’il faut inclure le temps de parcours dans une journée de visite. Pour le reste, nous sommes toujours en négociation», commente M. De Filippo. Dernier pierre d’achoppement: la généralisation des tranches horaires allant jusqu’à 21h – une pratique jusqu’alors fonction de cas particuliers. «L’alourdissement des situations et l’évolution des soins nous imposent de repenser l’organisation de notre offre de prestations», explique la porte-parole Anne-Florence Dami. Selon la direction, cette option répond au besoin de la population, notamment pour le coucher. «C’est souvent trop tard pour les personnes âgées, que des collaborateurs retrouvent déjà endormies toutes habillées dans leur salon. C’est la preuve que l’institution manque de forces», rétorque le syndicaliste. Pour le personnel, cela signifie encore plus de flexibilité, avec le risque de compliquer davantage l’articulation entre la vie privée et professionnelle.
L’Etat est tout de même entré en matière puisqu’il a prévu une augmentation des effectifs. Mais elle est échelonnée sur plusieurs années. «Cela ne fera que répondre à l’évolution démographique», juge Davide De Filippo. Pour 2013, vingt-sept postes étaient prévus. Mais à l’heure où le canton vit sous le régime des douzièmes provisoires, rien n’est moins sûr.
Pauline Cancela

 

La FSASD devient l’IMAD
Symbolique, ce changement juridique qui transforme l’insti- tution en régie autonome n’en est pas moins important. «C’est une reconnaissance du travail accompli», se réjouit Anne-Florence Dami, porte- parole de la nouvelle Institu- tion du maintien à domicile (IMAD).

Deuxième établissement de santé après les Hôpitaux uni- versitaires de Genève, l’organe compte 2000 collaborateurs et un peu plus de 16000 clients. Dans la pratique, ses activités resteront inchangées et continuent de faire l’objet d’un mandat de prestations.

«Par les temps qui courent, ou l’on assiste davantage à l’exter- nalisation des prestations, c’est une étape importante en termes de politique publique», relève Davide De Filippo, secré- taire syndical au SIT. En outre, la nouvelle structure confère aux salariés le statut de fonc- tionnaires, puisqu’ils passent sous le régime de la loi relative au personnel de l’administra- tion. «C’est la garantie d’une sécurité de l’emploi.»
PCA

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