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Gare aux produits antirhume

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Samedi, 12 janvier 2013

Si les produits décongestionnants dégagent le nez, ils peuvent aussi être dangereux.

Le nez qui coule? C’est presque une fatalité, en hiver. En effet, plus de 200 virus – notamment les rhinovirus et les coronavirus – virevoltent dans l’air, transmettant rhume sur rhume. Résultat: la muqueuse nasale est agressée, un œdème se forme en réaction à l’inflammation. Le nez se bouche et les sécrétions débordent.
D’où le succès des produits décongestionnants. «C’est un peu la solution miracle quand on a les narines totalement bouchées», reconnaît Sandrine Garin, adjointe responsable de la Pharmacieplus Rouvinez, à Vevey (VD).

Nombreux problèmes

Mais gare! Ces vasoconstricteurs ne sont pas sans danger. Même s’ils sont en vente libre. D’ailleurs, en France, l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) vient de lancer un appel à la vigilance. Alors que, de son côté, la Commission de pharmacovigilance recommande que ces médicaments soient prescrits sur ordonnance.
Contenant de la pseudoéphrédine ou un dérivé, ces vasoconstricteurs décongestionnant peuvent entraîner des céphalées, des convulsions, de l’hypertension artérielle, un infarctus du myocarde ou encore des accidents vasculaires cérébraux…
«Les vasoconstricteurs réduisent la taille des vaisseaux. Ce qui permet au sang d’être propulsé plus fortement et, dans la foulée, de déboucher les narines. Mais cela peut être notamment dangereux pour des personnes qui prennent des hypertenseurs ou qui ont une tension trop élevée», explique le Dr Jean Magnin, généraliste dans la campagne vaudoise.
Bref, en France, on a enregistré, en 2012, 39 cas de problème au niveau cardiovasculaire et 72 cas au niveau neurologique. «Ces chiffres restent bas face au nombre de décongestionnants vendus, ajoute le Dr Magnin. Mais ça reste un vrai problème.»
Du côté de l’Office fédéral de la santé publique, aucun appel à la prudence. Reste que selon Sandrine Garin, «il appartient au pharmacien de mettre en garde les clients sur les effets indésirables de tels produits et sur les conflits qu’ils peuvent entraîner avec d’autres médicaments.» (D’ailleurs, en cas de tensions trop élevées, il faut également prendre garde à des produits tels que le NeoCitran, lui aussi décongestionnant.)
Quant aux sprays vasoconstricteurs, ils provoquent également des accoutumances au-delà de cinq à sept jours d’utilisation. «Le risque de devenir accro est réel, poursuit la pharmacienne. Résultat: pour obtenir un effet, il faut utiliser de plus en plus de produit. Et ça devient douloureux pour le nez, car ces produits ont un pouvoir très irritant sur les muqueuses.»
pascale.bieri@lematin.ch
● PASCALE BIERI

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