< | >

Interdiction de naître

Cet article a plus d'un an, les informations pourraient être perimées. Merci d'en tenir compte.


Lundi, 21 janvier 2013

Pour protester contre les coupes  et l’augmentation des conflits avec les patients, les obstétriciens italiens vont  se croiser les bras le 12 février prochain.

 Avis aux bébés: interdiction de naître le 12 février! Pour protester contre leurs conditions de travail et les coupes dans la Santé, les gynécologues et les obstétriciens se croiseront les bras ce jour-là. En cas de douleurs, les futures mamans pourront se rendre aux urgences, qui resteront ouvertes.
Dans le public comme dans le privé, les spécialistes ont annulé toutes les naissances programmées par césarienne ou stimulation ce 12 février. Selon le Ministère de la santé, cette décision concerne environ 1100 futurs nouveau-nés. Pour enfoncer davantage le clou, les blouses blanches ont aussi annoncé que les femmes enceintes ne pourront pas effectuer de visites et d’examens médicaux comme les échographies, par exemple.
La question des coupes budgétaires, imposées par le gouvernement Monti dans le cadre de la remise à flot des comptes publics italiens, n’est pas le seul motif de grogne de ces spécialistes. «L’augmentation du nombre de contentieux médico-légaux et la hausse des primes d’assurance que les hôpitaux refusent désormais de payer pour protéger les gynécologues sont inacceptables», explique Marco Macrì. Ce gynécologue urgentiste, qui avait auparavant un cabinet privé comme l’autorisait la loi italienne, a dû fermer boutique. «Le coût de l’assurance était devenu pratiquement inaccessible», explique le Dr Macrì. Il ajoute que, face à l’augmentation du nombre de litiges qui a triplé en dix ans, de moins en moins de compagnies acceptent de couvrir les gynécologues.

Examens inutiles

Les associations professionnelles ont d’ailleurs souligné que, chaque année, la médecine préventive dépense à la louche. Quelque 15 millions d’euros sont ainsi utilisés pour couvrir des examens et des interventions inutiles effectuées à titre préventif pour tenter d’éviter de futurs conflits entre les médecins et leurs patients. «Une politique inacceptable en période de crise et de coupes draconiennes dans le budget de la Santé. Cet argent pourrait servir à améliorer la qualité des services», estime pour sa part le Dr Alessandro Sabatini.
A quelques semaines de cette première grève dans le secteur de la gynécologie, les blouses blanches ont déjà expédié leur cahier de doléances au Ministère de la santé. Outre la résolution du problème des contentieux, elles réclament une remise à plat du plan de coupes dans la Santé, qui comprend avant tout la fermeture de 7389 unités dans le public pour économiser les deniers qui font défaut à l’Etat italien. Dans le contexte économique actuel, il est quasi certain que ces requêtes resteront lettre morte.
ARIEL F. DUMONT, ROME

< Retour à la liste