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Les légumes ne passent pas

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Le Courrier, Genève lecourrier.ch 
Mercredi, 23 janvier 2013

SANTÉ • Les Suisses ne font pas assez attention à leur alimentation. Le dernier rapport sur la nutrition met en évidence une dégradation des comportements alimentaires.

Que chacun fasse son examen de conscience. Qui consomme régulièrement les cinq portions de fruits et de légumes recommandés par les diététiciens? La réponse figure dans le 6e rapport sur la nutrition en Suisse présenté hier à Berne: il n’y a que 30% de la population qui respecte cette norme idéale. En dépit de tous les bons conseils, les Helvètes mangent moins de fruits et de légumes qu’il y a dix ans.
Ce constat qui met en évidence l’importance des campagnes de prévention intervient alors que le parlement vient de faire capoter un projet de loi qui devait donner de nouvelles compétences à la Confédération dans ce domaine. Cette décision n’a cependant pas privé le Conseil fédéral de tout moyen. «Le gouvernement a prolongé jusqu’en 2016, le programme «nutrition et activité physique» lancé en 2008», explique Michael Beer, responsable de la division de la sécurité alimentaire à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Il y a du pain sur la planche. 30% de la population déclare ne pas être attentif à la qualité de son alimentation. Il s’agit essentiellement d’hommes, de jeunes et de personnes au niveau de formation peu élevé, notamment parmi les migrants. Les Romands sont également moins sensibles aux recommandations alimentaires. Résultat: la consommation de fruits a baissé de 7% par rapport au précédent rapport et celle de légumes de 8%. En revanche, l’utilisation de sucre et de graisses a progressé de 5%. Par ailleurs, la consommation de sel, dont on connaît l’effet sur l’hypertension, est beaucoup trop élevée. Elle atteint 8 à 10 grammes par jour et par personne alors que les besoins sont estimés à 1,5 gr.
Nul ne l’ignore, les mauvaises habitudes alimentaires débouchent d’une part sur des carences, d’autre part sur le surpoids ou l’obésité. 37,6% des hommes et 20,8% des femmes sont en surpoids, tandis que l’obésité touche 8,7% des hommes et 7,8% des femmes. Chez les enfants, les chiffres sont moins précis. Selon l’âge et l’étude considérée, le pourcentage d’enfants en surpoids varie entre 5 et 20%, et entre 0,4 et 6% pour l’obésité.

Que faire? La stratégie alimentaire présentée par Alain Berset consiste notamment à rendre les fruits et les légumes plus accessibles. Les établissements scolaires et les employeurs sont invités à mieux tenir compte de la pyramide alimentaire dans l’établissement du menu des cantines et des restaurants d’entreprises. Il s’agit aussi d’améliorer l’information des consommateurs avec un étiquetage plus clair et d’inciter l’industrie alimentaire à prendre ses responsabilités.
Christinae Imsand

 

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