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On mange n’importe quoi !

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Mercredi, 23 janvier 2013

Les jeunes Romands mangent trop et trop gras,  et s’en fichent

Beaucoup de Suisses mangent mal. Et beaucoup s’en fichent royalement, les Romands en tête. Voilà résumées les 328 pages du «Rapport sur la nutrition en Suisse» , présenté hier à Berne par le conseiller fédéral Alain Berset.
Les résultats ne sont pas brillants. On ingurgite trop d’huiles et graisses (5% de plus que lors du dernier rapport, il y a sept ans). Pas assez de fruits (–7%) et légumes (–6%). Trop de plats précuisinés ou fast-food. Et trop tout court: 2661 kcal par jour sans compter l’alcool, soit 20 à 30% de plus que la quantité recommandée. Résultats: hausse du surpoids et de l’obésité, risques de maladies cardio-vasculaires ou de diabète.
Mais le plus surprenant et inquiétant est que l’on s’en fiche. «Les recommandations alimentaires en vigueur ne sont que partiellement, voire pas du tout suivies par le plus grand nombre», lit-on. Puis: «30% de la population suisse déclarent ne pas veiller à quoi que ce soit en particulier.» Et de dresser le portrait type de l’inconscient: un homme, jeune et romand. «En Suisse romande, la prise de conscience alimentaire semble moins développée.» Un constat appuyé par les résultats d’un sondage. Le pourcentage de personnes qui «ne prêtent aucune attention à certains aspects de leur alimentation» s’élève à 24% outre-Sarine. 45% en Suisse romande, près du double!

Mystérieux Röstigraben

Pourquoi diable les Romands auraient-ils davantage tendance à s’empiffrer au détriment de leur santé? «C’est un résultat qui nous a beaucoup surpris. Mais franchement, nous n’avons actuellement aucune hypothèse pour l’expliquer», note l’un des auteurs du rapport, Michael Beer, responsable de la division Sécurité alimentaire à l’Office fédéral de la santé publique. Le spécialiste précise cependant qu’il veut avoir le fin mot de cette espèce de Röstigraben alimentaire. «Nous lançons une importante enquête en avril pour savoir précisément ce que chacun a dans son assiette.» Et de se montrer rassurant. «Il n’y a pas forcément un lien systématique entre l’intérêt pour une alimentation saine et ce que l’on mange réellement.» En clair, il n’est pas exclu que beaucoup de Romands se fichent des bons conseils mais mangent quand même plutôt sainement. Par habitude.  
 RENAUD MICHIELS
renaud.michiels@lematin.ch

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