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Un remède de cheval pour faire baisser la fièvre des coûts de la santé

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Tribune de Genève, tdg.ch
Jeudi, 24 janvier 2013

Le conseiller fédéral dévoile 36 mesures qui pourraient réduire de 20% le coût des prestations

Mardi, Alain Berset trouvait que les Suisses mangeaient trop et ne bougeaient pas assez. Hier, il reconvoque la presse à Berne pour dévoiler son plan stratégique intitulé «Santé 2020». Surprise, celui-ci souffre passablement d’obésité puisqu’il ne contient pas moins de… 36 mesures.
A la lecture, c’est aussi un peu flasque. On passe du pilotage sanitaire à la sensibilisation au don d’organe, du dossier électronique du patient à l’égalité des chances et à la responsabilité individuelle. En clair, cela brasse large avec des mesures qui manquent parfois de nerf et dont le tissu est plutôt adipeux.
Alain Berset, lui, respire la santé. Svelte comme un coureur de fond, il sait sa tâche difficile: «La population suisse est satisfaite du système de santé. Elle apprécie peu les réformes car elle est y voit un risque pour les prestations.» Pourtant, il va falloir bouger, sinon les coûts de la santé vont exploser. Pourquoi? Les gens deviennent de plus en plus vieux et les traitements médicaux toujours plus perfectionnés, et donc plus chers. 
La bonne nouvelle? Selon les experts, on pourrait économiser 20% des coûts des prestations sans toucher à la qualité des soins. Alain Berset explique comment: «Il faut plus d’efficience et un meilleur pilotage du système de santé.» Petite revue non exhaustive des mesures préconisées.

Supprimer les doublons

Vous entrez à l’hôpital et là, le personnel refait les radios que votre médecin de famille avait déjà faites. C’est du gaspillage de temps et d’argent. Le dossier électronique du patient devrait permettre de réduire ce problème en permettant à tous les prestataires de soins agréés d’avoir accès à vos examens. La suppression des doublons signifie aussi, pour le Conseil fédéral, la concentration des infrastructures pour la médecine hautement spécialisée.

Mieux piloter le système

Actuellement, le système de santé compte de multiples acteurs mais pas beaucoup de responsables. Alain Berset déplore ainsi que la Confédération ou les cantons n’aient pas un pouvoir d’intervention plus grand sur les médecins, qui occasionnent des coûts de 27 milliards par année. Il souhaite que les cantons puissent planifier et éviter les offres excédentaires. Une solution préférable au moratoire appliqué dans l’urgence aujourd’hui.

Freiner la hausse des primes maladie

Les Suisses se font soigner de moins en moins à l’hôpital et de plus en plus en ambulatoire. C’est réjouissant, constate Alain Berset, sauf au niveau de la facture. Un traitement à l’hôpital est pris en charge à 55% par les cantons et à 45% par les primes, alors que la médecine privée est financée à 100% par les primes. Le Conseil fédéral veut ouvrir des discussions pour que les cantons (et donc les contribuables) participent un peu plus à l’ambulatoire pour soulager les primes.

Améliorer la prévention

Le système de santé est trop axé sur l’urgence et pas assez sur les maladies chroniques. Le Conseil fédéral souhaite améliorer la coordination des soins, le dépistage précoce aux soins palliatifs pour les maladies les plus importantes (cancers ou démence). Plus généralement, il estime que la prévention et le dépistage précoce des maladies non transmissibles est un instrument important de réduction  des coûts.

Favoriser les génériques 

Le Conseil fédéral veut promouvoir davantage les génériques et supprimer les incitations qui poussent à la consommation médicale. Il préconise aussi le renforcement des indemnités forfaitaires par rapport au tarif à la prestation. L’idée est de fixer un prix donné pour le traitement d’une maladie afin d’éviter que certains médecins ne multiplient les consultations. Côté assureurs, le Conseil fédéral veut limiter les incitations à sélectionner les risques. Côté patients, le plan 2020 préconise de leur donner plus de pouvoir dans le système de santé.
Arthur Grosjean Berne

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