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Le Conseil d’Etat confirme sa stratégie hospitalière

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Le Courrier, Genève lecourrier.ch 
Vendredi, 25 janvier 2013

NEUCHÂTEL • Le gouvernement maintient ses propositions sur la répartition des compétences entre La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel.

«C’est la seule solution politiquement acceptable qui peut obtenir la majorité au Grand Conseil», a déclaré hier la ministre neuchâteloise de la Santé, Gisèle Ory. Le Conseil d’Etat confirme donc ses trois options de stratégique hospitalière qui, sur demande du parlement, ont fait l’objet d’études complémentaires: un centre de l’appareil locomoteur et un centre de chirurgie ambulatoire sur le site de Pourtalès, à Neuchâtel, et un pôle de chirurgie stationnaire à La Chaux-de-Fonds (notre édition du 18 janvier). Il maintient ainsi son plan stratégique présenté en décembre 2011, dont quatorze des dix-sept options ont été approuvées par le Grand Conseil en avril 2012.
Il rejette par ailleurs les trois initiatives encore pendantes – pour un site femme-mère-enfant à Pourtalès, pour l’équilibre régional des missions hospitalières et pour une médecine de proximité –, estimant que le plan stratégique constitue «en quelque sorte un contre-projet» à ces dernières. Si, après le débat au parlement en mars ou en avril, les initiants décident de les maintenir, elles seront soumises au peuple.

Rapport contesté
Le rapport de la société de conseil Advimed, qui compare la faisabilité, les coûts et l’efficience du plan stratégique du Conseil d’Etat (chirurgie stationnaire et sénologie à La Chaux-de-Fonds, centre femme- mère-enfant, appareil locomoteur et chirurgie ambulatoire à Pourtalès) et celui de HNe (chirurgie actuelle maintenue sur deux sites, centre locomoteur à La Chaux-de- Fonds et femme-mère-enfant à Pourtalès), n’a donc pas fait changer d’avis le gouvernement. Les experts sont parvenus à la conclusion que les deux scénarios sont «équivalents » en matière de coûts de fonctionnement et de délais de réalisation, mais que le scénario du Conseil d’Etat «ne permet pas d’assurer une bonne synergie entre chirurgie stationnaire et gynécologie sur le site de Neuchâtel et est plus risqué en termes de concurrence intra et extra-cantonale». Selon Gisèle Ory, «du moment que les études démontrent que le scénario proposé est réalisable et économiquement raisonnable et qu’il permet de développer des synergies médicalement intéressantes, notamment entre l’orthopédie et la traumatologie, elles ne remettent pas en question les options stratégiques du Conseil d’Etat».

Solution rationnelle
Tant le gouvernement qu’une majorité de la commission santé se montrent d’ailleurs très réservés face à ce rapport qui présente de «trop rares» données chiffrées, «des problèmes de méthodologie et un manque de rigueur et d’argumentation dans certaines affirmations sur des points importants ». Le groupe interpartis de soutien à l’hôpital de La Chaux-de- Fonds a salué hier «une solution rationnelle qui peut être rapidement mise en oeuvre»: «Faire tout partout n’est plus possible, alors qu’accueillir la population avec compétence et rapidité à proximité et à un coût raisonnable est absolument nécessaire.»
Claude Grimm

 

LA PROVIDENCE S’IMMISCE DANS LE DOSSIER HOSPITALIER
La décision du Conseil d’Etat de créer un centre de l’appareil locomoteur à Pourtalès n’est pas sans incidence sur le dos- sier explosif de La Providence. Le Conseil d’Etat précise dans son rapport que la reprise ou non des activités orthopédiques de cet hôpital privé par HNe pourrait influencer de manière déterminante le choix du site qui accueillera le Centre de l’ap- pareil locomoteur.

En 2008, dans la perspective d’une reprise de l’activité sta- tionnaire d’orthopédie de La Providence par HNe, le rapport Antarès proposait d’installer un centre orthopédique à La Chaux-de-Fonds (sans la trau- matologie). Aujourd’hui, alors que cette question ressurgit avec le conflit de La Providence, le gouvernement estime que «le transfert de l’orthopédie de La Providence à HNe ne peut être retenu (…) à l’horizon 2017». En 2012, cette fondation privée a refusé l’offre que lui a faite d’intégrer HNe, préférant se tourner vers Genolier.

«Selon un avis de droit, le nouveau système de finance- ment hospitalier ne permet pas de retirer une mission publique à une clinique privée pour des rai- sons politiques. Pour ce faire, il faut garantir cette prestation de manière plus efficiente», relève Gisèle Ory, qui estime qu’il s’agi- rait d’une nouvelle option straté- gique. A noter que La Providence assume une part prépondérante de l’activité orthopédique élective cantonale.

Pour l’heure, le gouvernement estime que sa proposition de créer un centre locomoteur à Pourtalès «amène une cohé- rence médicale et des syner- gies dans le domaine de l’orthopédie-traumatologie» et «tient compte de la bonne col- laboration entre HNe et La Pro- vidence dans le domaine des gardes». CGM

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