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La FMH défend les salaires des spécialistes

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Tribune de Genève, tdg.ch
Mardi, 29 janvier 2013

Pour le nouveau président  des médecins suisses, un transfert des revenus  ne revalorisera pas la médecine de base

«La médecine de famille est au centre du système.» C’est ce que déclarait Alain Berset, en juin 2012, lors de la présentation de son masterplan «Médecine de premier recours». Quelques jours après l’échec du Managed Care dans les urnes, tout le monde était prêt à serrer les rangs autour du ministre de la Santé pour revaloriser la situation des généralistes. Aujourd’hui, alors que les travaux sur le masterplan vont bon train, Jürg Schlup, le nouveau président de la Fédération des médecins suisses (FMH), pose la limite de l’exercice: pas question de prendre aux spécialistes pour donner davantage aux généralistes.

Pensez-vous qu’il soit nécessaire de revaloriser les prestations des médecins généralistes?

Oui, il y a un consensus au sein du corps médical sur ce point. La nécessité d’un tel rattrapage est la plus visible chez les généralistes, mais elle existe aussi pour certains spécialistes.

Pour quelles raisons refusez-vous le principe d’un transfert entre les revenus des uns et des autres?

Une telle revendication est simpliste. Pour une question de proportion tout d’abord: on ne peut pas revaloriser de manière significative les revenus d’un grand nombre de généralistes en réduisant ceux d’un petit nombre de spécialistes. Ensuite, parce que ces deux catégories sont indemnisées selon des tarifs différents: les généralistes tirent l’essentiel de leurs revenus du TarMed, le tarif ambulatoire, alors que les spécialistes émargent pour l’essentiel aux tarifs hospitaliers. Ceux qui exigent un tel transfert méconnaissent la réalité.

Est-il défendable devant le public de demander aux assurés de payer pour la revalorisation du revenu des généralistes?

Les primes doivent rester supportables, nous y sommes très attachés. Mais la revalorisation du métier de généraliste est un investissement dans le système de santé. Cela coûte un peu plus cher au début, mais on peut en attendre des économies à long terme: si l’on traite les patients plus tôt, on évite des soins plus coûteux par la suite, par exemple une hospitalisation.

En cas de blocage, pensez-vous que les généralistes accepteront encore longtemps d’être moins bien payés?

Il est trop tôt pour parler de blocage. Nous travaillons à l’interne et soutenons le masterplan d’Alain Berset, qui est un très bon programme.

Vous ne craignez pas des tensions au sein même de la FMH?

La FMH regroupe 36 000 médecins, représentés par 72 sociétés médicales. Des différences, nous en constatons tous les jours. C’est normal. On verra comment cela se passera lorsque le masterplan sera plus avancé.
Laurent Aubert 

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