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La lutte contre le cancer dope les ventes de Roche

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Tribune de Genève, tdg.ch
Jeudi, 31 janvier 2013

Le groupe bâlois  a enregistré  un bénéfice  de 10 milliards  en 2012 et une forte progression dans  les pays émergents

Le groupe pharmaceutique Roche est en grande forme. La clé de son succès? Sa gamme de médicaments anticancéreux et un positionnement stratégique dans les pays émergents. Constituant plus de 60% des ventes de sa division Pharma, les traitements oncologiques ont en effet dopé le chiffre d’affaires de la firme et contribué à dégager au cours de l’exercice 2012 un bénéfice net de 10 milliards de francs (+2%), a annoncé hier l’entreprise.
«Roche se détache vraiment dans le domaine des médicaments contre le cancer, où la société est à la pointe de l’innovation, explique Odile Rundquist, analyste chez le courtier Helvea. Par ailleurs, baisser les prix dans les pays émergents s’est avéré payant. La croissance en Chine est ainsi spectaculaire.»

Demande chinoise

Dans l’Empire du Milieu, les revenus se sont inscrits en hausse de 27% (1,22 milliard de francs). Au Brésil et en Russie, la progression a été, respectivement, de 11% et de 14%. Les ventes du groupe rhénan ont aussi augmenté aux Etats-Unis (+7%). 
En Europe, par contre, la pression des prix et la concurrence des génériques ont pesé, se terminant même par une baisse de 2%.
Plus important fabricant de traitements oncologiques au monde, Roche jouit d’un quasi-monopole dans le secteur. En 2011, ses parts de marché tournaient autour de 80%, selon l’estimation de l’analyste d’Helvea. Cette année, ses trois produits phare – MabThera/Rituxan, Herceptin et Avastin – ont tous enregistré des ventes en progression, totalisant environ 18 milliards de francs.

Nouveaux médicaments

De nouveaux produits sont également venus gonfler les revenus, principalement Perjeta, destiné à une forme particulièrement agressive du cancer du sein (qui touche environ 20% des malades), ou Zelboraf contre le mélanome métastasé.
Grâce à de nombreux médicaments actuellement en développement clinique ou en phase d’approbation, Roche envisage encore de croître en 2013. La société mise ainsi beaucoup sur le T-DM1. «C’est le futur du traitement contre le cancer», estime Odile Rundquist. Utilisé contre des cancers avancés ou métastasés du sein, celui-ci permet d’éviter une chimiothérapie.

13 millions de morts

Alors que le nombre de décès liés au cancer devrait s’élever à 13 millions en 2030, selon l’Organisation mondiale de la santé, les avancées de la firme ne seront pas vaines. En particulier dans les pays émergents, puisque l’OMS a recensé qu’en 2008, près de 70% des décès dus au cancer (7,6 millions de malades) sont survenus dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Gabriel Sassoon

«Une très bonne année»

L’exercice 2012 de Roche? Une «très bonne année», s’est exclamé le directeur général du groupe pharmaceutique, Severin Schwan, dans un communiqué. Au cours de l’exercice écoulé, la firme a ainsi dégagé un chiffre d’affaires de 45,5 milliards de francs, en progression de 7% à taux de change constant. Le résultat d’exploitation rapporté aux activités de base a, quant à lui, grimpé de 13%, à plus de 17 milliards. La division Pharma – qui représente près de 80% des ventes globales du groupe – a vu ses revenus augmenter de 7% à 35 milliards. L’unité Diagnostics a également connu une croissance de 5%, à 10,27 milliards.
Ces résultats, jugés «solides», ont confirmé les attentes des analystes. A la Bourse de Zurich toutefois, le titre a chuté de 1,39% à 198.60 francs. Une baisse que certains expliquent par une prise de bénéfices.
Nouvelle réjouissante pour les investisseurs, le conseil d’administration a proposé une 26e hausse consécutive du dividende, de 8% à 7.35 francs par action.
 G.S.

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