Le secret médical est intangible (Editorial de La lettre de l’AMG d’avril 2014)

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Retombée de la mort d’Adeline dans le drame de la Pâquerette : le Conseil d’Etat a annoncé le mercredi 19 mars son intention de légiférer sur le secret médical dans le cadre strict de la dangerosité. Cette volonté fâche doublement. Sur le fond, le secret médical est intangible et doit le rester. Dans la manière, ce projet de loi fâche également: à aucun moment, l’AMG n’a été consultée, ni même informée, par exemple le lundi 17 mars, lorsque ses représentants ont été reçus par le conseiller d’Etat Mauro Poggia, pour évoquer les possibilités de collaboration sur divers sujets de politique de la santé. Et que dire du silence imposé par le Conseil d’Etat au Dr Hans Wolff, le responsable du nouveau Service de médecine et de psychiatrie pénitentiaires des HUG ?
Pour le médecin comme pour le politique, le but recherché est d’offrir plus de sécurité. Dans un climat émotionnel aisément compréhensible, le politique veut aujourd’hui donner une impression de totale maîtrise du dossier, et d’autant plus que cette affaire a révélé une faillite des procédures mises en place, à tous les niveaux. Tout a dysfonctionné, sans que le secret médical y soit pour quelque chose: à aucun moment, le rapport de Me Bernard Ziegler n’impute un rôle quelconque au secret médical dans la mort d’Adeline. Il faut bien comprendre que le respect du secret médical ajoute à la sécurité en ce sens qu’il crée la confiance qui permet la confidence, tandis que son affaiblissement ajouterait à l’insécurité.
Faire croire à la population, par cette illusion de la totale maîtrise des choses, que tout savoir permettra d’éviter un nouveau drame, est une méconnaissance de l’essence même du secret médical. Il ne peut y avoir de levée du secret que pour une information confidentielle particulière donnée dans la relation de confiance. Aucun médecin ne gardera pour lui une information obtenue dans la relation thérapeutique qui pourrait mettre en danger autrui. Et entendre Me Mauro Poggia dire que «les médecins se cachent derrière le secret médical» (Léman Bleu, Genève à chaud, le mercredi 19 mars 2014) est insupportable.
Nous avons, chacun d’entre nous, été éduqués et formés à cette notion de base de notre profession: la responsabilité. Nous sommes responsables de nos actes médicaux, de nos décisions thérapeutiques, de chacun de nos choix: assumer pleinement ses actes est la clé de notre profession. Nous ne sommes pas dans le plaire, ni dans l’illusion, nous sommes constamment dans la réalité du patient. Alors ce procès d’intention n’est pas le bon, car l’autorité ne peut décider d’elle-même de s’interposer dans la relation thérapeutique. Ce faisant, elle ne ferait qu’affaiblir le système. La gestion des sorties pénitentiaires n’est d’ailleurs pas du ressort du médecin thérapeute, mais bien de l’expert mandaté pour informer l’autorité.
Le secret médical trouve sa base légale dans l’article 321 du Code pénal. Celle-ci est suffisamment explicite pour qu’il n’y ait nul besoin de la compléter ou de la modifier: le médecin peut en tout temps demander à son patient ou à la commission compétente d’être délié du secret médical pour donner, à tel instant précis, une information obtenue dans la confidence, un avis médical ne valant que pour une situation actuelle et non pour l’éternité. Et si les circonstances l’imposent, le médecin sait prendre ses responsabilités: son but est la sécurité, pas la protection coûte que coûte du patient; en particulier, tout médecin d’institution pénitentiaire n’a de seule visée que la protection d’autrui. Encore une fois, l’affaiblissement du secret médical augmente l’insécurité. Alors pourquoi réinventer la roue, pourquoi vouloir affaiblir la relation thérapeutique ?
Si cet horrible drame de la Pâquerette a entraîné une émotion intense et compréhensible, il ne faut pas, sous couvert de plaire à la population, toucher au secret médical: c’est bien la perte de maîtrise de l’autorité qui est à l’origine du drame d’Adeline, pas le secret médical. Celui-ci doit rester intangible.
Michel Matter

Votation du 18 mai sur les soins médicaux de base : la médecine doit rester une profession libérale

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Le contre-projet à l’initiative populaire «Oui à la médecine de famille» soumis à votation présente aux yeux du Conseil de l’AMG autant d’inconvénients que d’avantages.
L’AMG ne peut que saluer et soutenir un texte de loi qui encourage la médecine de famille: elle s’est constamment engagée avec force aux côtés des médecins de premier recours pour préserver le libre choix du médecin, la relève médicale et la qualité des soins. L’AMG s’est battue contre chaque décision fédérale défavorable à la médecine de famille et a souvent été à l’origine de luttes reprises au niveau national. Notre association a participé à l’ensemble des mouvements en faveur de la médecine de premier recours.
Le risque de ce contre-projet est que l’on nous paie de mots, d’autant que l’action concrète des autorités fédérales durant ces dix dernières années incite à la méfiance : 

  • Depuis 10 ans, la médecine de famille a été déclassée: on l’a de fait privée de la radiologie et du laboratoire, qui sont deux outils essentiels pour une médecine de qualité, on a également dévalorisé les visites à domicile. Comment s’étonner alors que la relève ne suive pas ?
  • L’alinéa 2, lettre b donne à la Confédération le devoir de légiférer «sur la rémunération appropriée des prestations de la médecine de famille»: comment avoir confiance, alors que l’autorité fédérale refuse de s’écarter du dogme de la neutralité des coûts, qui est inacceptable pour notre profession ? Il faut savoir que le pouvoir d’achat des médecins est en effet en baisse constante: aujourd’hui, à Genève (où la vente de médicaments en cabinet est interdite), un bon médecin de famille, qui choisit de travailler 40 heures, a un revenu égal à celui d’une infirmière travaillant aux HUG. Et le point de rupture semble atteint pour l’ensemble de la profession.

En outre, l’article 117, al. 1, lettre a présente le risque d’une possible dilution de la médecine de premier recours dans la notion peu précise des soins de base: au lieu du signe fort attendu en faveur d’une affirmation du rôle central des médecins en termes de responsabilité et de décisions thérapeutiques qui permette une relève de qualité, la médecine de famille est englobée dans «les professions des soins médicaux de base» et donne à la Confédération le droit de fixer «les conditions d’exercice de ces professions».
La mainmise de la Confédération sur les conditions de travail et sur les tarifs pourrait ainsi s’avérer un danger qui menace, voire annihile les attentes justifiées de revalorisation qui ont fait le coeur des revendications des médecins de famille.
C’est pourquoi, tout en soutenant l’intention positive de ce contre-projet, qui mérite d’être soutenue, le Conseil de l’AMG a choisi – avec le plein appui du Groupe des Médecins de famille de Genève – de ne pas donner de recommandation de vote: le 18 mai, vous voterez OUI ou vous voterez NON, mais vous le ferez en étant conscient des conséquences possibles de votre choix.
Michel Matter

Consultation spécialisée des maladies respiratoires professionnelles

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La consultation spécialisée des maladies respiratoires professionnelles, fruit du partenariat

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Les troubles de l’érection

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Formation continue en sexocorporel
Samedi 21 juin 2014 de 10 h 00 à 18 h 00

Présentation et bulletin d’inscription

Lieu : CUP – Centre Universitaire Protestant, avenue du Mail 2, 1205 Genève

Travail et souffrance psychique

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Pourquoi la souffrance ? Quels changements ?
Peut-on se “réaliser” dans le monde du travail ?
Vendredi 23 mai 2014 de 8 h 30 à 17 h 05

Présentation
Inscription et renseignements : gg-ssmpp@bluewin.ch ou fax 022 789 16 39

Lieu : Centre Médical Universitaire, salle 150, rue Michel Servet 1, 1206 Genève

Lifespan Integration (LI) – Intégration du Cycle de la vie

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Relier les états du moi à travers le temps
Vendredi 27 juin et samedi 28 juin 2014 de 9 h à 17 h 30 (niveau I)
Vendredi 24 octobre et samedi 25 octobre 2014 de 9 h à 17 h 30 (niveau II)

Présentation et bulletin d’inscription
Informations : elbirodr@gmail.com

Lieu : Genève (l’adresse exacte sera communiquée ultérieurement)

Nouveau centre national pour traiter la démence

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L’originalité du Centre Schönberg est qu’il combine projets de recherche et soins  aux malades avec des  soutiens aux familles  
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Des experts recommandent de limiter la prise de statines contre le cholestérol

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Le Swiss Medical Board recommande de ne prescrire ces molécules qu’en cas de risque élevé de maladie cardio-vasculaire  

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Le secret de l’obésité pourrait se trouver dans une enzyme de la salive

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Des scientifiques  ont identifié un gène qui prédisposerait  à la prise de poids  

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Les blouses blanches ont signé une paix passagère

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 Mercredi, 2 avril 2014

Une large alliance médicale soutient l’article en votation le 18 mai. Une trêve avant la future bataille des tarifs  

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