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Des souris retrouvent la mémoire

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Mardi, 29 avril 2014

ALZHEIMER  Nouvel espoir dans le traitement de  cette maladie dégénérative. Grâce à la découverte  du rôle-clé d’une protéine.  
 Inverser la perte de mémoire chez des souris atteintes d’un début d’alzheimer: c’est la prouesse que viennent de réaliser des chercheurs espagnols. Comment? En injectant dans l’hippocampe (région du cerveau qui joue un rôle important dans la mémoire) de ces rongeurs un gène. Lequel entraîne la production d’une protéine, bloquée chez les personnes atteintes de cette maladie. Baptisée «Crtc1», la protéine en question permet d’activer les gènes qui sont impliqués dans la formation de la mémoire à long terme.
Grande nouvelle! Mais, concrètement, quand cette thérapie permettra-t-elle de soigner des êtres humains atteints de l’alzheimer? «On en est encore loin, assure le Pr Gabriel Gold, spécialiste en gériatrie aux HUG. Il s’agit d’une étude sur un modèle animal, qu’il faut encore pouvoir transposer sur l’humain. Cependant, cette étude met en avant une nouvelle cible qui pourrait être intéressante.» Car aujourd’hui il n’existe toujours aucun traitement pour soigner ce fléau qui frappe un nombre grandissant de personnes. Ni même pour stopper sa progression.

Autre voie: un vaccin

Toutefois, la recherche avance à grands pas sur différents plans. Ainsi, un premier vaccin d’un nouveau type a pu être testé sur l’être humain. Il agit en bloquant la protéine tau. Une protéine qui, lorsqu’elle dysfonctionne, entraîne une perte des neurones de notre cerveau. «C’est une étude plus avancée que celle dont on parlait précédemment. La première phase de test a été effectuée sur un petit nombre de volontaires légèrement atteints de l’alzheimer, avec des résultats prometteurs», explique le Pr Gabriel Gold. L’étude suit son cours.
En parallèle, la recherche permet de dépister la maladie de plus en plus tôt. Ce qui aura tout son sens lorsque des traitements seront à disposition. Mais en attendant? «Il est important de poser un diagnostic rapide car cela permet aux patients de pouvoir participer à d’éventuels essais cliniques. Et aussi de mettre sur pied la prise en charge la plus optimale possible pour les patients et leurs proches», relève le gériatre.

Faire de l’exercice

Si rien ne l’enraye d’ici là, la maladie d’Alzheimer devrait doubler tous les 20 ans, selon l’OMS, en raison du vieillissement de la population. Toutefois, on n’est pas totalement impuissant, puisqu’on peut agir sur différents facteurs, tels que l’hypertension (qui augmente de 50% les risques) ou l’excès de cholestérol. Faire régulièrement de l’exercice et être actif socialement sont également de bons remparts contre la démence.
pascale.bieri@lematin.ch      
PASCALE BIERI

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