Informations et recommandations cantonales destinées aux médecins concernant le COVID-19

Veuillez vous connecter pour accéder à ces informations

Page de connexion

Flèche haut
Réduire

< | >

Haute école de santé: les étudiants étrangers discriminés

Cet article a plus d'un an, les informations pourraient être perimées. Merci d'en tenir compte.

Le Courrier, lecourrier.chMardi, 27 mai 2014

FORMATION • La faîtière des associations d’étudiants dénonce des taxes d’études de 16 182 francs. Sans compter le manque de places de formation dans divers cursus.

«Le monstre»: c’est ainsi que la CUAE – syndicat des étudiants de l’université de Genève – appelle la Haute école de santé (HEDS). Loin d’en avoir peur, les jeunes syndicalistes souhaitent croiser le fer avec l’institution. En cause, les taxes d’études pour les résidents étrangers qui ne sont pas contribuables à Genève, mais aussi le manque de places disponibles dans les divers cursus proposés par l’école. Depuis 2011, les étudiants qui ne payent pas leurs impôts à Genève, doivent débourser la somme de 16 182 francs pour suivre les modules complémentaires santé – qui constituent l’année propédeutique de la HEDS – contre 1000 francs pour les «locaux». «Une différence de traitement inacceptable qui repose sur une décision illégale», fulmine Lorenzo Avellino, secrétaire de la CUAE. La faîtière des étudiants réclame auprès de  la Direction générale du post-obligatoire – dont dépend l’année préparatoire de la HEDS – l’abolition de cette discrimination à l’encontre des étudiants étrangers. «Cette décision ne repose sur aucune base légale», argue Me Damien Chevraz, l’avocat du syndicat. «Et quand bien même cette taxe serait légale, elle n’en demeurerait pas moins choquante!» avance avec prudence le secrétaire de la CUAE, histoire d’éviter «le piège d’un débat uniquement juridique». L’organisation étudiante aurait pris connaissance de «plus d’une dizaine de cas».

Des chiffres contestés Un chiffre contesté par la HES-SO Genève, l’organisme qui regroupe et chapeaute les six hautes écoles du canton. «Pour l’année 2013, la taxe à 16 182 francs n’a concerné que cinq élèves sur cent quarante-sept inscrits», tempère Marco Cattaneo, son porte-parole. Interrogé sur le montant exorbitant de la taxe pour les non-résidents, il renvoie au Département de l’instruction publique (DIP). «Cette année passerelle fait partie des formations du secondaire et dépend du DIP.» Avant d’affirmer les valeurs égalitaires des hautes écoles spécialisées genevoises: «Tout le système des HES est fait pour fonctionner comme un ascenseur social. Les taxes d’études pour nos bachelors sont de seulement 500 francs par semestre.» Du côté du DIP, la critique est entendue, mais on souhaite analyser les arguments de l’association avant toute déclaration, nous fait-on savoir. Une prise de position politique d’Anne Emery-Torracinta, conseillère d’Etat chargée de l’Education, est attendue dans la journée.

Manque de places Au-delà du montant de certaines taxes, les étudiants pointent aussi d’autres dysfonctionnements à la HEDS. Comme les listes d’attente pour entrer en bachelor. Non contents d’avoir réussi leur année préparatoire, un nombre indéterminé d’étudiants sont priés d’attendre leur tour une année faute de places. «Une situation qui nous obsède», lâche Marco Cattaneo. Nous allons augmenter nos capacités d’accueil des étudiants dès la rentrée prochaine avec la construction de pavillons temporaires et ainsi passer de 120 à 160 places disponibles pour la filière soins infirmiers.» 
Mohamed Musadak
  

< Retour à la liste