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Votre corps se moque de l’heure d’été

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Samedi, 28 mars 2015

Si vous êtes fatigué lundi, pas d’excuse! Le changement d’heure, demain, n’aura pas d’impact sur le rythme du sommeil. A condition de se coucher tôt.

Demain, nous passons à l’heure d’été. A 2 h du matin, il sera 3 h. L’idée de perdre une heure de sommeil sonne pour certains comme la promesse d’un réveil difficile. «Ce ne sera pas agréable, mais ma foi, pas le choix!» lance Christophe Offret (voir ci-dessous). «En général, on se réveille déphasé, fatigué, un peu comme jetlagé», confirme Manot Berger.
En réalité, «une heure de décalage est insignifiante pour notre horloge interne qui se décale spontanément et se resynchronise chaque jour, révèle le Dr Eric Lainey, directeur du Centre lausannois de médecine du sommeil. Donc, sur le plan des rythmes biologiques, il n’y aura pas de conséquence.» Un principe qui reste valable pour ceux qui partiraient en vacances de Pâques, pour autant que le décalage n’excède pas une à deux heures.

Résister à la tentation du soleil

La baisse de régime, couramment ressentie, aurait une origine non biologique mais comportementale, due à l’exposition à la lumière. S’il fait jour plus tard, on sera naturellement tenté de veiller et de restreindre son temps de sommeil. On entrave ainsi la règle numéro un pour contrer la fatigue, qui paraît évidente, et reste pourtant peu respectée. Au risque d’enfoncer une porte ouverte, l’expert rappelle que «la nuit est faite pour dormir. L’être humain est un animal diurne. Dans notre société moderne, on a tendance à négliger ce temps précieux, qui devrait durer entre 8 et 9 h en moyenne.» Conclusion, mieux vaut prévenir que guérir en se couchant une heure plus tôt. C’est simple et pourtant…
A force de négliger la durée et la qualité de son temps de repos, la population souffrant de troubles du sommeil augmente chaque année. Hormis les symptômes d’une maladie (respiratoire ou motrice), plusieurs facteurs environnementaux peuvent être en cause. Notamment le stress croissant, les mauvaises habitudes alimentaires ou l’exposition à la lumière. «Les lampes, l’éclairage public, l’utilisation des LED, qui sont une source de lumière bleue, perturbent le sommeil et les rythmes biologiques, note Eric Lainey. Aujourd’hui, entre une et trois personnes sur dix souffrent d’insomnie chronique (persistante), et presque 10 sur 10 d’insomnie aiguë (occasionnelle).»

Le lit, un lieu pour dormir

Si, malgré le temps consacré à dormir, la fatigue persiste, «une excellente technique consiste à tenir un agenda du sommeil, explique le médecin. En notant tous les jours l’heure du coucher et celui de l’endormissement, on prend conscience du temps passé au lit à s’adonner à des activités autres, telles que regarder la télévision, lire ou jouer sur son smartphone. L’objectif est de réduire cet espace, en réalisant ces activités hors du lit et réassocier ainsi le geste du coucher avec l’endormissement.» Côté nutrition, éviter les substances excitantes et réintroduire une alimentation plus riche en protéines le matin, et faible le soir.
Et pour les couche-tard qui se consolent en pensant pouvoir rattraper leur sommeil le jour suivant, il ne faut pas y compter. Contrairement aux idées reçues, «on ne récupère pas notre temps de sommeil, indique l’expert. On ne peut qu’atténuer partiellement la fatigue».
laura.juliano@lematin.ch
LAURA JULIANO

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