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Ebola: un dur travail pour vaincre le mal

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Mardi, 7 juillet 2015

L’invité

Ebola a tué près de 11 207 personnes depuis mars 2014, plus les 507 décès du personnel sanitaire. La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFCR) a joué un rôle déterminant dans la lutte contre la maladie en étant chargée de la «gestion des cadavres». Elle a enterré près de 22 800 personnes. Parmi lesquelles des populations décédées de maladies qui avaient des symptômes similaires.
«C’est très rare qu’en santé publique on se retrouve dans des activités où l’on mesure la capacité, la portée ou bien le succès de ses activités à travers le nombre de personnes qu’on a enterrées», souligne El Hadji Ass Sy, secrétaire général de l’IFCR.
Avec Ebola, dans 80% des cas, on ne peut pas ramener les personnes vivantes. Un mort peut être jusqu’à dix fois plus infectieux qu’un porteur vivant. «Dans cette situation, c’est l’enterrement fait de manière propre qui peut briser la chaîne de transmission.» Il a fallu être tout le temps auprès des communautés pour les aider à faire face à cela, martèle M. Sy, qui n’ignore pas que dans une civilisation où «les morts ne sont pas morts», c’est une double peine de ne pouvoir enterrer ses disparus.
En droite ligne de ses principes d’humanité, l’IFCR s’est efforcée de traiter de manière digne et respectueuse les morts pour les accompagner à leur dernière demeure.
Grâce aux volontaires, qui provenaient de ces mêmes communautés, partageant les mêmes valeurs et la même langue, l’IFCR a obtenu la confiance pour collaborer avec l’OMS, MSF, les CDC américains (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies), avec les leaders communautaires, religieux ou politiques. Il y avait eu tellement de malentendus et d’incompréhensions qu’il fallait réconcilier et même traiter et guérir des relations sociales en plus de la maladie. Les comportements sanitaires étant dépendants des comportements individuels et des attitudes collectives, un système de santé viable passe forcément par un système communautaire renforcé.
La réduction des risques, cheval de bataille de l’IFCR, qui consiste à prévenir les crises, doit être renforcée. D’où l’approche «Coalition pour la résilience», consistant à travailler avec les communautés pour prévenir les chocs et atténuer leur impact. Etablir donc des ponts entre les aspects de développement et les aspects d’urgence humanitaire. Peut-on accepter que tout choc naturel devienne une catastrophe naturelle?
* Directeur des publications du magazine panafricain www. continentpremier.com
El Hadji Gorgui Wade Ndoye *

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