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Les primes vont faire encore plus mal

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Jeudi, 16 juillet 2015

ASSURANCE-MALADIE Après l’embellie des années 2012-2014, le mécanisme est reparti à la hausse: 4% d’augmentation sont prévus l’an prochain.

Après le refus de la caisse unique en septembre 2014, l’augmentation des primes d’assurance-maladie reprend un rythme plus soutenu: 4% en 2015 et probablement la même chose l’an prochain. Les caisses maladie ont jusqu’au 31 juillet pour déposer auprès de l’Office fédéral de la santé publique leurs primes 2016 pour l’assurance obligatoire des soins. Mais la tendance à la hausse est déjà claire.

Se basant sur les chiffres du centre de recherche conjoncturel de l’EPF de Zurich (KOF) du mois de juin, le portail Comparis.ch prévoit une augmentation moyenne des primes de 4% en 2016. Pour une famille non subventionnée de quatre personnes, cela peut signifier une dépense supplémentaire de 1000 francs.

Le KOF a établi qu’au 1er trimestre 2015 les dépenses dans les cabinets médicaux avaient augmenté de 8,8% pour les soins et de 11,1% pour les analyses. La croissance la plus forte est enregistrée dans la physiothérapie, avec 16,2%.

L’association faîtière des assureurs, SantéSuisse, va présenter ce vendredi des chiffres complets sur l’augmentation des coûts de la santé en 2015. «Elle est globalement inférieure à 4% et plus proche des 3%, précise son porte-parole Christophe Kaempf. Mais l’augmentation des primes sera, elle, légèrement supérieure de quelques dixièmes.»

Tout le monde tourne autour des mêmes projections. Patrick Ducret, directeur du portail Bonus.ch, ne voit pas venir un bouleversement dans l’économie de la branche: «Les coûts continuent de progresser. Il ne faut pas s’attendre à de faibles hausses, autour des 2%, comme dans les années 2012 à 2014. Après avoir puisé dans les réserves, les caisses n’ont plus de marge de manœuvre.» Le conseiller national Jean-François Steiert (PS/FR), membre de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique, confirme enfin: «D’une manière générale, on aura entre 3 et 4% d’augmentation, mais les différences entre les caisses et les régions risquent d’être plus grandes que par le passé. Certaines caisses sont en sous-couverture et devront augmenter de manière plus importante.»

Et le Fribourgeois de terminer sur une touche polémique: «Evidemment, il faut répondre à l’augmentation des coûts. Mais ce qui me frappe aussi, c’est que, quand on va voter sur la caisse unique, les augmentations de primes restent faibles et, quand il n’y a plus de votation en vue, elles repartent à la hausse.» Un constat qui pourrait motiver le lancement d’une nouvelle initiative…
Éric Felley

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