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Hôpital: l’unité cellulaire optimise la sécurité

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Vendredi, 27 novembre 2015

Le Canton a investi 1,3 million pour rénover ces locaux et créer un nouveau sas de sécurité et une promenade

Le quartier cellulaire de l’Hôpital cantonal, fermé depuis sept mois, a rouvert ses portes, hier. Des locaux flambants et la promenade de 56 m2 ont été dévoilés, dans une ambiance très sécuritaire. Les visiteurs sont priés de s’agglutiner dans les nouveaux sas, avant d’accéder, après cinq portes, au couloir des «cellules».
Les cinq chambres sont équipées pour accueillir deux patients, incarcérés dans un établissement pénitentiaire de la région. En cas de forte affluence, certains détenus peuvent toujours être hospitalisés aux étages, mais encadrés, en permanence, par des gardiens.
Le point d’orgue de cette rénovation, dont le coût avoisine 1,3 million, tient dans la création d’une promenade de 56 m2, très attendue. Plusieurs organismes, dont la Cour européenne des droits de l’homme, la commission des visiteurs de prison du Grand Conseil ou la commission nationale contre la torture avaient déjà épinglé Genève pour son manque d’espace de sortie, dans cette unité carcérale.
«Les personnes hospitalisées dans cette unité cellulaire hospitalière (UCH) ont accès à toutes les plates-formes techniques et médicales des HUG, précise le Dr Laurent Gétaz, responsable de l’UCH. Onze collaborateurs infirmiers s’y relaient et les médecins des HUG interviennent ici en fonction des besoins spécifiques.»
Les détenus de l’UCH restent sous la responsabilité de l’office de la détention. D’où l’intérêt d’une étroite collaboration entre deux départements, celui de la Sécurité et celui de la Santé, liés chacun par le secret professionnel. Des dysfonctionnements entre ces deux autorités sont apparus à plusieurs reprises, notamment lors du tragique assassinat d’une sociothérapeute en 2013 ou lors de la création du centre de détention et de soins Curabilis.
«Nous avons effectué des réglages sur les processus de travail, répond diplomatiquement Philippe Bertschy, directeur général de l’office de la détention. Et amélioré l’évaluation individuelle permettant de définir la dangerosité d’un détenu et accompagner sa prise en charge médicale, par un encadrement de sécurité optimal.» Cela afin d’éviter des tentatives d’évasion, comme celle, violente, le 1er août dernier dans les locaux provisoires de l’UCH. «Tout a été mis en place pour assurer la sécurité à la fois du personnel et de la population», explique le gardien chef, dont dix collaborateurs assurent une présence continue.
Isabel Jan-Hess

WC antiboulette de coke

Parmi les patients de l’unité cellulaire hospitalière (UCH), on trouve une petite catégorie, environ 10%, appelés Body packer. Traduisez «Corps emballeur», définissant les personnes ingurgitant des boulettes de drogue, arrêtées à la douane ou lors de contrôles policiers. «Ils viennent presque tous ici, où ils sont hospitalisés le temps de la défécation des drogues, explique le Dr Laurent Gétaz, responsable de l’UCH. Nous établissons ensuite un diagnostic médical complet avant leur transfert en prison, car ils présentent souvent des symptômes de comorbidité.» Après avoir longtemps sous-traité l’analyse des matières fécales des suspects, les HUG possèdent désormais, à l’UCH, un WC d’un type un peu particulier, triant directement la drogue des excréments humains.
I. J-H.

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