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Transferts d’assurances: les EMS sont surchargés

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Vendredi, 27 novembre 2015

Les assurés ont jusqu’à lundi pour changer de caisses maladie. Une lourde tâche pour les EMS et leurs 3500 résidants

La douloureuse se précise: les primes maladie vont à nouveau prendre l’ascenseur en 2016! Les assurés ont toutefois jusqu’au 30 novembre pour changer d’assurance. Un secteur est grandement occupé par les transferts en cours: les établissements médico-sociaux (EMS), qui accueillent 3500 personnes âgées à Genève.
«Chaque année à pareille époque, nous devons assurer la migration de nos résidants, en bonne collaboration avec leurs familles», explique Laurent Beausoleil, directeur des établissements des Mouilles et de la Vendée, au Petit-Lancy, où séjournent 143 seniors. «Un défi qui nécessite la mobilisation d’une grande partie de nos ressources administratives.» Les EMS convoitent plus particulièrement les caisses les moins onéreuses, ainsi que l’affiliation à des réseaux de soins, pour les bénéficiaires de prestations complémentaires (environ 70% des résidants), afin qu’ils aient droit au subside cantonal, fixé à 524 francs pour 2016.
Or, comme les EMS recensent des cas médicaux lourds et donc coûteux, les assurances où ceux-ci ont été transférés augmentent en général leurs tarifs l’année suivante. «Il faut alors répéter l’exercice. C’est le serpent qui se mord la queue! Les transferts d’assurances, c’est comme les feuilles qui tombent en automne», commente Anne-Laure Repond, secrétaire générale ad interim de la Fédération genevoise des EMS (Fegems)*.
Autre priorité dans la sélection des caisses maladie: s’assurer qu’elles financeront l’intégralité des soins de base nécessaires. Car «des assurances cherchent de plus en plus à se soustraire à certaines prestations», déplore Nicolas Walder, président de la Fegems. Il s’agit notamment des prises en charge du CSB (temps de communication entre soignant et soigné) et du forfait Lima, établi à 3 francs par jour et par résidant pour payer les moyens auxiliaires, comme les protections urinaires et divers appareils, dont les déambulateurs. «De moins en moins généreuses, certaines caisses rechignent à financer des séances de physiothérapie ou encore, comme tout récemment, l’oxygène liquide pour des résidants qui en ont besoin en permanence», constate Laurent Beausoleil. Il convient ainsi d’être vigilant et de ne pas mettre tous nos résidants dans la même caisse pour prévenir un dommage général, concluent Anne-Laure Repond et Nicolas Walder: «Des expériences avec de mauvais payeurs, qui contestent certains frais pour inciter les plus gros risques à partir dans d’autres caisses, nous en ont convaincus.»
* L’ancienne secrétaire générale, Geneviève Stucki, a récemment quitté la Fegems .
Laurence Bézaguet

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