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Berne fait attendre les malades du diabète

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Samedi-dimanche, 27-28 février 2016

Les soins des pieds ne sont remboursés que s’ils sont prodigués par un infirmier. Les règles devraient changer cette année

Pour les diabétiques, les pieds sont essentiels et nécessitent des soins réguliers. «Comme leur sensibilité aux extrémités est réduite, ils ne sentent pas forcément les blessures», explique le conseiller national Pierre-Alain Fridez (PS/JU), qui est aussi médecin généraliste. «Et leur circulation étant mauvaise, la cicatrisation est plus compliquée.» Un simple caillou dans une chaussure peut provoquer une plaie, dont le trou ne se fermera pas. L’incident peut se transformer en catastrophe, même jusqu’à l’amputation.
«J’ai vécu une ou deux fois des situations graves, voire dramatiques», précise le médecin. Sa conclusion est claire: les diabétiques doivent régulièrement faire contrôler, et soigner, leurs pieds chez un professionnel. Cela est d’autant plus important que beaucoup de malades voient mal, ou ont des problèmes pour se baisser. Pierre-Alain Fridez a donc déposé en 2012 une motion demandant que les soins fournis par des podologues soient remboursés par l’assurance de base. Sa proposition a été acceptée par les deux Chambres, mais les règles n’ont pas encore été changées.
Aujourd’hui, seules certaines assurances complémentaires prennent en charge ces soins. L’alternative, pour se faire rembourser, est de passer entre les mains d’une infirmière ou d’un infirmier. Les traitements dispensés par les organisations d’aide à domicile et les EMS sont aussi pris en charge. Dans plusieurs cantons, les associations de diabétiques proposent ce service. «Nous sommes capables de fournir des soins de base, mais il faut le matériel et un peu de pratique, précise Antoinette Neuenschwander, infirmière clinicienne au sein de l’Association vaudoise du diabète (AVD). Et les patients doivent se déplacer, par exemple à Lausanne.»
Pierre-Alain Fridez note que les podologues sont plus aguerris. «Les infirmiers ne sont pas toujours outillés, et n’ont ni le temps ni l’intérêt à cela», regrette l’un d’eux. Sur le fond, tout le monde est d’accord. Y compris le Conseil fédéral, qui a soutenu la motion Fridez. Mais à Berne la procédure a pris du retard. Rien d’inquiétant, selon la Société suisse du diabète, qui espère simplement qu’une décision sera prise cette année. L’Office fédéral de la santé publique assure que ce sera le cas. Les malades, eux, s’impatientent.
Caroline Zuercher

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