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«Un seul germe peut tuer»

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Jeudi, 28 avril 2016

STÉRILISATION Une trentaine d’employés du service de désinfection des outils aux HUG dénoncent leurs conditions de travail. Et pointent des effets dévastateurs pour les malades.

«Les mauvaises conditions de travail à la stérilisation représentent un gros danger pour les patients!» David Andenmatten, porte-parole du Syndicat des services publics (SSP), est en colère contre la direction des HUG. La raison? Les risques de dérapage qui règnent dans cette unité-clé pour tous les départements de l’hôpital. «Un seul germe peut causer la mort, relève Marie*, employée à la décontamination des outils médicaux depuis 20 ans. Pourtant, ce sont des milliers de microbes qui passent potentiellement à travers les mailles du filet chaque jour. Et ce, depuis deux ans.» Aujourd’hui à 16 h, elle protestera contre cette situation en compagnie de ses collègues et du SSP, à deux pas des urgences.

Au cœur du problème, selon le syndicat: un manque de personnel, des machines vétustes qui tombent en panne quotidiennement et un espace inadapté en sous-sol. Des dérives organisationnelles dénoncées par David Andenmatten, qui défend une trentaine d’employés affectés à la désinfection. Tous sont à bout de nerfs. «La direction inhumaine des HUG n’a pas de limites, déplore le porte-parole syndical. Il s’agit d’une véritable dérive sanitaire. Pourtant, rien ne change.»

Les HUG sur la défensive
Du côté des HUG, le ton est à la défensive. «Il est totalement erroné de prétendre que les patients courent un danger quel qu’il soit en rapport avec le service de stérilisation, insiste Nicolas de Saussure, représentant de la régie publique autonome. Les problèmes pointés du doigt ne sont pas nouveaux et la direction des HUG les prend très au sérieux.»

Quant à l’apaisement des tensions, Nicolas de Saussure est optimiste: «Des mesures à court terme, dont une étude d’amélioration des locaux, seront bientôt prises, précise-t-il. Une synthèse a également été présentée aux collaborateurs et un plan d’action est en cours.»

Des affirmations qui ne satisfont pas Marie, laquelle s’indigne par ailleurs de la lenteur des processus d’amélioration: «Le nouveau personnel embauché n’est pas formé et met des bâtons dans les roues aux techniciens compétents comme moi, s’énerve-t-elle. Près d’un quart de mes collègues expérimentés se sont mis en congé maladie… Malgré nos diverses interpellations, nous ne nous sentons toujours pas écoutés.» En attendant d’être entendus, Marie et ses confrères font du mieux qu’ils peuvent. Et tentent d’éviter les nombreuses infections qu’ils risquent de provoquer chaque jour.
Sarah Zeines

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