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Gratitude et résistance (édito de La lettre de l’AMG de décembre 2016)

Remerciements
Reconduit à la tête de notre association jusqu’à fin 2021, je tiens à remercier l’ensemble des membres de l’AMG pour leur confiance renouvelée et leur soutien. Le travail est conséquent et l’appui quotidien et engagé du Bureau du Conseil et du secrétariat est essentiel. Les dossiers sont nombreux et divers dans leur contenu. Une évidence s’impose toujours, la défense de chaque membre, car c’est là que se trouve l’essence même de nos combats. Les notions d’équité, de qualité et de respect restent fondamentales. Le Conseil de notre association, par ses prises de position, veille à maintenir les axes prioritaires et la ligne tracée comme le fil rouge à suivre avec constance. Sa vision est déterminante.

Féminisation
La lecture de la brochure de l’Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM) intitulée Gouvernance de l’effectif et de la répartition des médecins s’avère intéressante en plusieurs points. La féminisation de notre profession est une évidence. La proportion de femmes a fortement augmenté , passant de 13% au milieu des années soixante à 40% en 2014. Cette féminisation est à saluer. Elle a entraîné une transformation en profondeur des habitudes de travail. Le constat est le même pour le nombre d’étudiantes en médecine humaine, passant au cours des 40 dernières années de 20 à 57%. Ce qui a longtemps été considéré comme un bastion masculin a progressivement attiré la gente féminine. On ne peut que s’en réjouir. Notre Assemblée générale vient d’élire deux femmes supplémentaires au Conseil de l’AMG, les docteurs Monique Gauthey et Corinne Isoz. Qu’elles soient par ces lignes remerciées de leur engagement ! Femmes de caractère, aux parcours professionnels solides et à l’engagement associatif fort, elles sauront amener leurs visions et leurs sensibilité au Conseil.

Bienvenue, Madame la Secrétaire générale !
Notre secrétaire général, M. Paul-Olivier Vallotton, arrivera au bout de sa carrière professionnelle le 31 janvier 2017. Son travail inlassable, sa sensibilité et sa clairvoyance en politique auront permis au président Pierre-Alain Schneider et à moi-même d’être certains d’avoir à nos côtés un homme de conviction dont le seul but a toujours été de placer l’AMG en priorité absolue. Ses conseils auront été précieux et souvent indispensables, qu’il en soit hautement remercié ! Pour lui succéder, le Conseil de notre association a désigné, sur proposition du Bureau du Conseil, Mme Bénédicte Dayen, avocate. Elle saura mener les dossiers avec rigueur et détermination. Engagée au 1er novembre dernier comme collaboratrice avec une entrée dans sa fonction de secrétaire générale au 1er février 2017, elle se familiarise avec le travail de notre association et les différents sujets liés à une actualité riche dans le domaine de la santé.

Grogne et résistance
L’un des dossiers entraîne une forte et indispensable résistance, MARS (Modules ambulatoires de relevés statistiques). La volonté affichée par les autorités fédérales de mieux connaître le domaine ambulatoire de la santé en Suisse repose sur l’article 59a LAMal qui oblige tout médecin à transmettre ses données ambulatoires. C’est la loi. Là où la grogne s’installe, c’est quand la demande de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) de tout savoir dépasse l’acceptable aux yeux des médecins et que le risque, connu et certain, de transmission de ces données protégées aux assureurs ne puisse être combattu par nos rangs. Il est actuellement exigé l’envoi d’un unique questionnaire issu de l’Office fédéral de la statistique (OFS) de Neuchâtel. Certaines sociétés cantonales ou de disciplines appellent au boycott et d’autres encouragent leurs membres à transmettre les données exigées. La situation étant confuse et la réglementation non encore finalisée, le Conseil de l’AMG a estimé pour sa part, lors de sa séance du 5 décembre, que les médecins peuvent attendre les clarifications à venir d’ici fin janvier – notamment sur le point de la protection des données, que nous plaçons au-dessus de tout et qui doit être totalement garantie – avant de répondre au questionnaire de l’OFS dans le délai requis du 28 février. Notre association a très tôt exprimé cette exigence et amené les différents responsables à clarifier leurs positions à cet égard, notamment dans la Lettre de l’AMG du mois de mai 2016 ou lors de notre Assemblée générale du 30 mai. Elle leur a aussi exprimé les craintes des médecins de se voir mis à nu en même temps que submergés par la bureaucratie. Il ne s’agit pas de refuser MARS, mais d’obtenir les garanties que le zèle administratif à récolter des données ne l’emporte pas sur le sens de la proportionnalité et de la mesure voulu par la loi. Passez donc de très bonnes fêtes !
Michel Matter