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Panique après un article sur l’ostéoporose: les HUG rassurent les patientes traitées au denosumab

Vendredi, 19 mai 2017

Réactions

Santé «Depuis hier, c’est la panique! Nous recevons des centaines de téléphones et de mails de patients affolés.» Le professeur Serge Ferrari, chef du Service des maladies osseuses des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), veut rassurer: «Le denosumab ne provoque pas de fractures. Au contraire, il les réduit de 70%!» Le malentendu vient d’un article publié dans ce journal sous le titre: «Un médicament contre l’ostéoporose provoque des factures». En fait, ces fractures vertébrales peuvent survenir à l’arrêt du traitement, comme prévient Swissmedic, l’Institut suisse des produits thérapeutiques. «Le médicament protège tant qu’on le prend, explique le professeur Ferrari. Si on l’arrête, le risque réapparaît. Comme si on n’avait jamais été traité, mais pas davantage.» Le médecin craint que bien des femmes n’interrompent leur traitement, prenant précisément le risque de se casser les os.
Il cite une étude sur 8000 patientes ayant montré que le denosumab diminuait de 68% les fractures vertébrales et de 40% les fractures de hanche en trois ans. «Dans une extension du traitement pendant dix ans, 4500 patientes ont vu leurs fractures diminuer et 86% n’avaient plus d’ostéoporose.»
Autre source d’inquiétude: la prise prolongée du desonumab pourrait aggraver le risque de fractures après son arrêt, selon un spécialiste vaudois. En réalité, rétorque Serge Ferrari, les risques sont très faibles en regard de l’efficacité du traitement: «On a quelques dizaines de fractures à l’arrêt du traitement sur 6,5 millions de personnes traitées dans le monde!»
Enfin, les bisphosphonates, souvent prescrits en prolongement du desonumab, provoqueraient aussi des fractures atypiques. «Une étude des HUG fait état de 60 fractures aypiques en quinze ans. Contre 7500 fractures de hanche opérées aux HUG dans la même période, dont un tiers aurait pu être évité avec ces médicaments.» Pour Serge Ferrari, «il faut donc traiter aussi longtemps que persistent un risque de fracture et une densité minérale osseuse basse.» Actuellement, entre la moitié et deux tiers des femmes devant être traitées ne le sont pas.
Sophie Davaris

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