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Le médecin et le TarMed

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Vendredi, 1er septembre 2017

Genève 26 août 2017

Le ministre suisse de l’assurance-maladie, Alain Berset, prétend que certains actes médicaux sont surévalués depuis des années et qu’ils doivent être revus à la baisse. Soit. Mais ils sont rares. Peut-être qu’une coloscopie peut être réalisée plus rapidement qu’il y a 20 ans, mais cela reste à démontrer. En effet, quel patient accepte-t-il que le gastro-entérologue introduise le tube sans ménagement et sans avoir fait au préalable une anesthésie correcte? Par ailleurs, les prix des appareils pour effectuer ce geste ont plus que doublé durant cette période. La chirurgie robotisée, si elle est nettement plus confortable dans les suites opératoires, prend en moyenne 50% de temps en plus qu’une intervention «à ciel ouvert». En chirurgie dermatologique, que je pratique quotidiennement, il n’y a eu aucune modification qui permette de gagner du temps. Bien au contraire, les exigences des patients demandent que l’on opère avec plus de soin dans la reconstruction. Par ailleurs, toutes les chicaneries administratives, en matière de stérilisation par exemple, sont encore un facteur de perte de temps, donc de coûts, supplémentaire. Et ce n’est pas dans la consultation que l’on va gagner du temps: l’interrogatoire du patient et l’examen clinique prennent toujours le même temps.
Le tarif actuel (TarMed) est calculé sur les données (loyers, salaires etc.) de 1994. Or, depuis lors les coûts de fonctionnement du cabinet ont considérablement augmenté… Il n’y a jamais eu aucune compensation de ces nouvelles charges depuis 20 ans, les médecins les ont prises sur eux! Avec la baisse annoncée, il reste donc deux possibilités aux médecins installés: tricher avec le tarif pour maintenir la viabilité de leur cabinet, ou bâcler le travail, ce qui va entraîner une perte considérable de la qualité. Dans les deux cas, le patient est, une fois de plus, le grand perdant, même si les primes devaient diminuer de 1.5%
Jean-Pierre Grillet

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