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Malaria aux portes de la Suisse

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Vendredi, 8 septembre 2017

SANTÉ Une fillette de 4 ans est morte à Trente, en Italie, après avoir contracté le paludisme. Une énigme, puisqu’elle n’avait jamais voyagé dans un pays à risque.

Elle était entrée mi-août à l’Hôpital de Trente, cité italienne à un peu plus de 100 kilomètres de la frontière suisse, pour un banal traitement de diabète infantile. Mais Sofia Zago, une petite Italienne de 4 ans, y est retournée dans un état beaucoup plus grave, samedi dernier. Souffrant d’intenses maux de tête et d’une importante fièvre, la fillette a été diagnostiquée avec un cas grave de paludisme cérébral. Elle en est morte à Brescia, 24 heures plus tard. Une énigme médicale, puisque l’enfant n’avait jamais voyagé dans un pays à risque.

Souche inconnue

Comment Sofia a-t-elle pu contracter la malaria, le dernier cas d’infection en territoire européen datant du début des années 2000, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS)? Alors qu’une frénésie médiatique s’est enclenchée autour du drame en Italie, les médecins tentent de trouver des explications.
La première hypothèse serait une transmission du parasite à l’Hôpital de Trente, générée par la présence de deux filles soignées dans une autre chambre, au même moment où la petite Italienne a été admise pour son diabète. Les jeunes patientes étaient revenues d’un voyage au Burkina Faso, il y a peu. «S’il s’agit de la même souche, alors la contagion aurait certainement eu lieu à l’hôpital, a confié Massimo Galli, vice-président de la Société italienne des maladies infectieuses et tropicales, au journal La Repubblica. Si, en revanche, la souche est différente, c’est que la contamination a eu lieu dans un autre contexte.»
Pour l’heure, aucune information officielle n’a été révélée à ce sujet. Mais un malaise plane autour de cette incertitude: les Européens n’ayant jamais mis les pieds dans des zones touchées par la malaria – à savoir l’Asie, l’Amérique du Sud et, surtout, l’Afrique – seraient-ils désormais exposés à la maladie redoutée?
«Il y a trois façons d’être contaminé en dehors des régions à risque, explique Christian Lengeler, épidémiologiste à l’Institut tropical et de santé publique suisse (Swiss TPH). La transfusion sanguine, la piqûre d’un insecte à proximité d’un aéroport international ou la transmission par un moustique local ayant été contaminé par une personne souffrant de paludisme. C’est par ailleurs ce dernier scénario qui me semble le plus plausible pour expliquer le cas de Sofia Zago.»
La tragédie de la fillette italienne ne devrait néanmoins pas créer une vague de panique sous nos latitudes. «Il y avait de nombreux décès dus au paludisme en Suisse, il y a environ 120 ans, informe Christian Lengeler. Cela dit, de tels cas sont actuellement anecdotiques. Il s’agit d’un incident malheureux, dont on ne peut pas faire de généralité.»
Sarah Zeines

 

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