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Moins de sucre dans les yaourts et les corn-flakes!

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 Mercredi, 6 septembre 2017

La lutte contre les petits-déjeuners sucrés est musclée. Berne a fixé de nouveaux objectifs avec des représentants   de la branche

Saviez-vous que certaines céréales du petit-déjeuner peuvent contenir presque 50% de sucre? Ce cas est extrême, mais il fait réfléchir. «Si vous donnez cet aliment à vos enfants, cela revient à leur présenter un demi-bol de sucre blanc», résume la doctoresse Nathalie Farpour-Lambert, médecin adjointe agrégée aux Hôpitaux universitaires de Genève et responsable du programme Contrepoids.
La Confédération et dix producteurs et représentants du commerce de détail ont convenu, il y a deux ans à Milan, de réduire les quantités de sucre dans les yaourts et dans les céréales. A l’époque, Bio-Familia, Bossy Céréales, Coop, Cremo, Emmi, Migros, Molkerei Lanz, Nestlé, Schweizerische Schälmühle E. Zwicky et Wander s’étaient engagés. Depuis, Aldi, Danone, Kellogg’s et Lidl ont rejoint le mouvement. «Tout le monde est maintenant à bord», s’est réjoui ce mardi le conseiller fédéral Alain Berset.
Et la lutte continue. L’objectif est de diminuer les sucres ajoutés de 2,5% pour les yaourts et de 5% pour les céréales de petit-déjeuner d’ici à fin 2018. Entre l’été 2016 et la fin d’août 2017, ils ont déjà été réduits de 3% pour les premiers et de 5% pour les secondes. Un changement radical ne plairait pas aux consommateurs, précise le vice-président d’Emmi, Marc Heim.
Ces valeurs seront désormais mesurées chaque année. La Confédération a en outre mis au concours deux projets de recherche visant à déterminer dans quelle mesure il est possible d’abaisser la teneur en sucre dans ces aliments sans que cela soit perceptible au goût, ni que la qualité n’en souffre. Les conclusions sont attendues d’ici à 2019.
Spécialiste des questions alimentaires et des problèmes d’obésité, Nathalie Farpour-Lambert salue ce «pas en avant». «La volonté affichée à Milan se poursuit. Il est également positif que la Confédération contrôle régulièrement la situation. Les entreprises s’engagent de manière volontaire et il faut vérifier qu’elles tiennent leurs engagements.» Elle relève toutefois qu’il reste un long chemin à parcourir.
La doctoresse souligne que pour les consommateurs, il est difficile de savoir combien de sucre ajouté contient un aliment. «Les gens choisissent un produit en quatre secondes. Ils devraient obtenir cette information au premier coup d’œil.» Elle milite pour une information en tête de paquet. De telles discussions ont lieu au sein de l’Union européenne. La France indique par une note le score nutritionnel d’un aliment et les Anglais ont un système de feux (rouge, orange ou vert) pour signaler si un produit est bon ou mauvais pour la santé. Elle ajoute qu’il faudrait réguler la publicité faite pour les aliments contenant trop de sucre, de graisse ou de sel.
La question est aussi plus large, souligne Nathalie Farpour-Lambert. Le sucre ajouté est un exhausteur de goût utilisé dans 80% des aliments transformés, et d’autres ennemis sont présents dans nos assiettes – le sel et les graisses saturées. La collaboration initiée à Milan se poursuivra jusqu’en 2024. Il est aussi prévu de se pencher sur d’autres aliments et d’intensifier les travaux sur le sel et les matières grasses. Pour autant, Nathalie Farpour-Lambert reste prudente: «Tout cela prendra un bon bout de temps! Regardez la difficulté de la Suisse à agir contre le tabac: on peut imaginer que ce sera la même chose avec les aliments!»
Caroline Zuercher

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