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Les Hôpitaux universitaires de Genève développent l’oncogénétique

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Samedi-dimanche 16-17 septembre 2017

Cancers des enfants

Turan a 17 ans. Ce jeune homme se bat contre une leucémie depuis sept mois. «La chimiothérapie a été une longue période de souffrance, témoigne sa mère. Il l’a très mal supportée: il avait mal au ventre, aux jambes, il n’avait plus de force ni d’appétit.» En juillet, le jeune homme a été transféré aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) où il a bénéficié d’une greffe de cellules souches. «Peu à peu, il a repris des forces et les 14 kilos qu’il avait perdus.» Yurdakul Demircan est aujourd’hui heureuse de voir son enfant «sur le chemin de la guérison».
Cette mère de trois enfants a accepté que son fils participe à «toutes les études» proposées par les HUG. Elle explique ce choix ainsi: «Nous étions très contents de le faire, c’est ce qui nous a aidés à surmonter cette épreuve. Grâce à cela, le traitement a été adapté au profil génétique de Turan et après la greffe, il n’a presque pas souffert d’effets secondaires.»
Invitant tous les parents à faire de même et à participer à des projets de recherche, quand cela est possible, elle souligne: «Il faut sensibiliser les gens à l’importance de la recherche. Même si nous ne pouvons pas bénéficier nous-mêmes des résultats de ces études, faisons-le pour les prochains patients.» Un autre appel à la générosité a été entendu jeudi dernier. La soirée de gala organisée par la fondation Cansearch à l’Arena a permis de récolter plus d’un million de francs. Une somme plus que bienvenue: «La recherche sur les cancers de l’enfant est en plein boom. On vit une révolution silencieuse de grande ampleur», s’enthousiasme le professeur Marc Ansari, créateur de la fondation Cansearch et directeur de l’Unité d’onco-hématologie pédiatrique des HUG.
L’équipe de Marc Ansari participe à de nombreuses études en parallèle, avec un objectif commun: élaborer des traitements personnalisés et adaptés à chaque jeune patient. Le professeur en détaille quelques-unes. «Une première étude européenne portant sur 300 enfants ayant reçu une greffe de cellules souches a permis de prouver l’interaction entre la dose du médicament et la génétique de l’enfant. Aujourd’hui, nous disposons de plusieurs marqueurs pour déterminer quel enfant risque de souffrir de la toxicité du médicament. Cette toxicité peut être fatale, par exemple en cas de développement d’une maladie de greffe contre l’hôte. Cette connaissance permet d’ajuster la dose du médicament en fonction du profil du patient.»
D’autres recherches sont menées pour savoir si ces résultats varient en fonction des types de cancers et des groupes ethniques. «Nous cherchons actuellement à recruter 500 patients dans le cadre d’une étude menée dans 18 pays, précise Marc Ansari. Nous souhaitons savoir s’il est possible d’arrêter la radiothérapie, dont les effets secondaires sont importants, pour procéder seulement à une chimiothérapie avant la greffe.»
Le cancérologue espère enfin lancer une autre étude prospective dès janvier 2018 afin de confirmer qu’une dose adaptée à la génétique de l’individu diminue la toxicité et la lourdeur du traitement.
Et de rappeler que «chaque année, environ 250 nouveaux cas de cancer se déclarent en Suisse, dont une trentaine à Genève. Nous guérissons actuellement plus de 80% des enfants. Mais 20% d’entre eux rechutent. Il ne faut pas baisser les bras. De nouvelles thérapies en immuno-oncologie arrivent à grands pas et peuvent sauver des vies. La recherche nous apporte des réponses tous les jours.» Sophie Davaris

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