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Grosse déprime face aux primes

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Jeudi, 21 septembre 2017

ASSURANCE-MALADIE Près d’un Suisse sur cinq serait prêt à changer de caisse cet automne en raison de la hausse des primes. Les Romands, eux, ne savent plus trop quoi faire.

Les Suisses seraient satisfaits, voire très satisfaits, des prestations de leurs caisses maladie, leur accordant une note de 5,02 sur 6. Pourtant, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir en changer, selon l’enquête de Bonus.ch. L’explication: le critère qui importe désormais est de trouver la prime la plus basse alors qu’on s’attend à une augmentation moyenne de 4 à 5% en 2018, selon le site comparateur.
Si 19,1% des Suisses confirment leur intention cet automne de migrer vers une caisse moins chère, ce sera un taux record. Le signe d’un ras-le-bol grandissant? Sans doute. Mais attention: si le nombre de personnes changeant de caisse grimpe depuis des années, jusqu’à atteindre un pic de 15% pour les primes de 2016 qui avaient augmenté de 4%, on a assisté pour 2017 à un fléchissement à 12,3% alors que la hausse des primes était plus élevée, à 4,5%. Combien feront vraiment le pas cette année?
«Depuis cinq ans, on sent de la lassitude chez les assurés, reconnaît Patrick Ducret, directeur de Bonus.ch. Quand on change trois fois de caisse en dix ans, faut-il le faire encore une fois si l’économie n’est pas substantielle?»

Les Romands désarmés

Plus impactés par le passé par les hausses, les Romands sont aujourd’hui les moins nombreux à vouloir migrer. Ils sont beaucoup plus indécis, contrairement aux Alémaniques aux positions tranchées. «Les Romands sont davantage favorables à la caisse unique et se sentent désarmés face au système actuel», estime Patrick Ducret.
L’intention de passer dans une caisse moins chère peut se heurter au fait que, une fois les primes connues (le 28 septembre), on constate qu’on est déjà dans l’une de ces caisses. «Au bout d’un moment, après avoir choisi toutes les options existantes afin de réduire sa prime, ce n’est tout simplement plus possible de trouver moins cher, explique Joy Demeulemeester, spécialiste santé à la Fédération romande des consommateurs. À moins d’opter pour la franchise la plus haute à 2500 francs.» Et là, attention: mieux vaut avoir le double en réserve pour ne pas se retrouver en difficulté en cas de pépin de santé.
Autre phénomène à prendre en compte: les différences de tarifs entre les caisses sont en train de s’estomper. La chasse aux assurés qui coûtent moins cher a atteint ses limites, le système de compensation entre caisses avec de «bons risques» et celles avec de «mauvais» s’étant amélioré. Quelle marge de manœuvre reste-t-il alors à l’assuré? «À moins d’un gros bouleversement du système, le seul recours passera par l’initiative populaire», relève Joy Demeulemeester. Car qu’attendre de Berne, sachant que la Commission de santé du National vient de proposer de lier l’assureur à sa caisse pour non plus un an mais trois, afin qu’il ne puisse plus changer sa franchise au gré de sa santé. Commission présidée par… le nouveau conseiller fédéral, Ignazio Cassis, et dans laquelle figure aussi Isabelle Moret.
Michel Pralong

 

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