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Les remèdes des assureurs avant le coup de massue

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Mercredi, 27 septembre 2017

Avant l’annonce   des primes 2018, SantéSuisse fait   le point sur les coûts de la santé

Les Suisses sauront jeudi quel sera le montant de leurs primes en 2018, et des augmentations se profilent une nouvelle fois. SantéSuisse, la principale faîtière des assureurs-maladie, a pris les devants mardi en présentant l’évolution des coûts. La hausse a été de 3,8% par assuré en 2016 et à long terme elle s’inscrit entre 3% et 5%.

Pour Verena Nold, présidente de l’organisation, la logique voudrait que nos primes augmentent également d’environ 4%. Cet automne, une question vient toutefois compliquer la donne. En août, le Conseil fédéral a adapté le tarif médical (TarMed). Selon ses calculs, les décisions qu’il a prises permettront d’épargner 470 millions de francs. Soit 1,5% des primes. Selon SantéSuisse, il est donc possible que le gouvernement oblige les caisses à limiter les augmentations.

Ne serait-il pas logique de le faire ? Curafutura, l’autre faîtière des assureurs-maladie, estimait cet été que l’intervention de Berne freinerait quelque peu la hausse des primes. SantéSuisse, elle, est sceptique et a présenté ses calculs ce mardi. Elle appelle à vérifier l’effet de ces mesures avant d’adapter la facture présentée aux assurés, pour éviter une correction plus forte par la suite. A ses yeux, médecins et hôpitaux risquent «de compenser une fois de plus les réductions tarifaires par une hausse du nombre de prestations facturées avec d’autres positions tarifaires».

L’organisation ne fait-elle pas confiance aux praticiens ? «Nous avons confiance dans leurs traitements. Mais nous savons aussi qu’ils ont des coûts et que leurs factures doivent les couvrir», répond Verena Nold.

Trop vite à l’hôpital
L’augmentation des coûts à la charge de l’assurance-maladie obligatoire est constante depuis vingt ans, et supérieure à l’évolution du PIB. Cela représente 3780 francs par assuré en 2016. Cette moyenne cache de grandes disparités régionales, avec une facture oscillant de 4748 francs à Bâle-Ville à 2784 francs dans le canton d’Appenzell Rhodes-Intérieures.

Les coûts hospitaliers ambulatoires ont augmenté de 8% par personne assurée en 2016. «Nous constatons que beaucoup de gens vont directement à l’hôpital au lieu d’aller chez le médecin de famille», note Verena Nold. Or, une consultation chez le généraliste coûte pratiquement la moitié moins cher.

Les prestations ambulatoires fournies en pratique privée ont augmenté de 3,5% par personne. La hausse est de 4,6% pour les pharmacies et les médicaments délivrés par les médecins en pratique privée. Rappelons toutefois que, suite à un arrêt du Tribunal fédéral, l’Office fédéral de la santé publique n’a pas pu contrôler le prix des médicaments en 2015 et en 2016. Autres augmentations: +10,2% pour la physiothérapie, où la durée des traitements s’allonge, +8,4% pour les soins à domicile, +6,3% pour les laboratoires.

La facture des séjours hospitaliers à la charge de l’assurance, elle, a reculé de 1,4% par personne. Cela est dû au fait que les cantons s’acquittent désormais de 55% du montant. Les assurances doivent en revanche payer l’intégralité des frais ambulatoires. Elles demandent de revoir cette répartition.

«On pourrait envisager une solution où les cantons paieraient les 25% aussi bien pour l’ambulatoire que le stationnaire», esquisse Verena Nold. Selon elle, la facture ne changerait pas pour les cantons, mais on pourrait stabiliser celle des assurés.

Au rang des pistes pour faire baisser les coûts, la faîtière souhaite aussi introduire un système de forfait par traitement dans le domaine ambulatoire. Aujourd’hui, le TarMed prévoit un tarif à l’acte dans ce secteur. L’organisation est en train de développer des forfaits avec des médecins spécialistes. Elle pense les intégrer dans un projet pilote en 2018.

Différences romandes
Ce mardi, la Conférence latine des affaires sanitaires et sociales (CLASS) est aussi sortie du bois. Elle a analysé les hospitalisations dans les cantons romands et à Berne entre 2011 et 2015. Elle constate que les taux d’hospitalisation varient fortement d’un canton à l’autre selon les spécialités médicales. Certaines interventions seraient en outre réalisées en stationnaire alors qu’elles pourraient être effectuées en ambulatoire. «Les chiffres mettent en exergue une probable surconsommation de soins qui pourrait être évitée», ajoute la CLASS dans son communiqué.
Caroline Zuercher

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