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Primes à Genève

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Vendredi, 6 octobre 2017

Courrier des lecteurs

Les primes genevoises sont les plus chères de Suisse (BS + BL réunis) et, bien entendu, notre système de santé est aussi le plus coûteux du pays! Est-ce qu’une caisse cantonale, étape ultime vers un système étatique, est la solution?

A Genève, il n’existe aucune volonté pour limiter les dépenses excessives de notre santé. Le constat est affolant! Les HUG sont d’une taille similaire à celle du CHUV mais ont un coût d’exploitation supérieur… d’au moins un tiers! La moyenne suisse du coût d’une journée dans un EMS est de 285 fr. A Genève, il est le triple!

Les coûts des traitements sont inférieurs dans les cliniques. Malgré le réseau de cliniques le plus dense de Suisse, la collaboration entre le privé et le public est à la traîne! La situation est similaire pour les traitements ambulatoires! De nombreux médecins établis en France voisine pratiquent d’un à trois jours par semaine à Genève. Pour un généraliste, la consultation moyenne en France est de 30 euros, et à Genève entre 300 et 400 fr.! La rétrocession de commissions des laboratoires est une scandaleuse incitation à la surconsommation de médicaments. Sans la déduction de cette commission sur les honoraires du médecin, la pratique est totalement illégale! Que fait notre Conseil d’Etat avec cette spécificité genevoise?

Les subsides et les primes pour les assurés débiteurs coûtent 406 millions à l’Etat de Genève! Aucune incitation envers les bénéficiaires pour choisir des primes plus basses et, de ce fait, économiser des millions, voire des dizaines de millions, à l’Etat de Genève?

La création d’une caisse cantonale de compensation ne réduira pas les coûts exorbitants de la santé! Remplacer les réserves des caisses privées par une garantie fournie par l’Etat étalera, au mieux, la facture dans le temps! L’objectif serait que l’Etat encaisse les primes et paie les médecins et les remboursements des assurés, tandis que les caisses privées gardent le contrôle des factures et les contentieux! Est-ce qu’une telle répartition des tâches serait réaliste et est-ce que la création d’un institut public supplémentaire permettrait de maintenir les frais administratifs à 5%?

L’enthousiasme des «étatistes» impressionne autant que l’absence totale de toute démarche sérieuse pour l’imiter l’explosion des coûts de la santé!

L’augmentation des primes-maladie est dramatique. Les Genevoises et Genevois, après déduction des prélèvements obligatoires, possèdent déjà le pouvoir d’achat le plus faible de Suisse. Ils mériteraient que les coûts de la santé soient traités avec plus de rigueur et de professionnalisme.

André Pfeffer, député UDC

 

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