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Des médecins suisses soulagent la Moldavie

Mardi, 10 octobre 2017

SOLIDARITÉ Des semelles orthopédiques aux fauteuils roulants, tous les moyens sont déployés par la Fondation Swisscor pour aider des enfants handicapés.

Catalin, Alexei, Valentin, Ruslan et Andrei passent tour à tour entre les mains de l’orthopédiste bernois Andreas Reinhard. Dans un internat à Hincesti, une ville séparée de la capitale par un vaste vignoble, il s’agit de vérifier si les semelles orthopédiques, les prothèses, les corsets ou encore les fauteuils roulants sont adaptés aux besoins des enfants qui grandissent.
C’est ensuite le tour de la première fille, Liuba. «Il n’y a que sept filles pour dix-huit garçons», rapporte le directeur d’un pensionnat à Hincesti. Des enfants, il y en avait jusqu’à 350 dans un orphelinat hérité de l’époque soviétique, quand un enfant handicapé était une charge ingérable pour ses parents.

Charges financières trop lourdes

Quand les internats étaient bondés et la médecine inefficace, il était plus simple pour la Fondation Swisscor d’organiser des camps médicalisés en Suisse. Mais les temps changent, même en Moldavie, une république aussi jeune que pauvre. «Le salaire mensuel d’une infirmière équivaut à 150 francs», rapporte Simone Giger, directrice du Bureau de la coopération (DDC), à Chisinau.
Le prix des piles d’un appareil auditif: 16 francs par mois. «C’est une charge trop lourde pour une famille», assène Nina Rusu, directrice d’un institut pour malentendants dans la capitale. À Hincesti, le chef des Finances, Kurt Vifian, s’interroge: «Combien vaut une chaise roulante électrique en Moldavie?» Réponse de l’orthopédiste? «Ça n’existe pas; il faut la faire venir de Suisse.» Le financier Kurt Vifian tranche: «Pas de discussion: on paie!» Commentaire de Jörg Rickenmann, secrétaire général de Swisscor: «Quand on peut, on doit.»
Dans la poussette, dont il ne sort que pour se coucher, Catalin esquisse un sourire. «Lorsqu’il pourra se déplacer de manière autonome, sa vie changera de fond en comble», commente le Dr Françoise von Tscharner, de la commission médicale de Swisscor.
Ce dialogue en suisse allemand, l’orthopédiste moldave Alexandra Pinzaru ne l’a pas compris, mais la traductrice Ana Rotari est médecin: elle traduit les termes médicaux du français au roumain. Ce qui importe pour Alexandru Pinzaru, c’est d’observer comment Andreas Reinhard s’y prend pour établir un diagnostic.
Au deuxième étage de l’internat, la physiothérapeute Christine Ingold montre sa technique à des professionnels moldaves. «Le transfert de savoir, c’est la garantie d’un suivi médical», souffle le secrétaire général de Swisscor, Jörg Rickenmann. Alexandru Pinzaru a séjourné à Berne pendant deux semaines à l’Ortho-Team, mais la difficulté, pour lui, c’est de faire reconnaître son cabinet orthopédique par le gouvernement moldave.
Vincent Donzé

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