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Décollage réussi aux Urgences gériatriques

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Samedi-dimanche 22-21 octobre 2017

Les Urgences de l’Hôpital des Trois-Chêne soufflent leur première bougie. L’heure du bilan

«Mieux qu’à l’hôtel et surtout tellement plus confortable qu’aux Urgences en ville», selon un malade. «Seul hic, on se retrouve entre petits vieux, ce qui nous oblige à réaliser qu’on a fait le grand saut de la vieillesse», indique une autre. Un an après l’ouverture des Urgences gériatriques de l’Hôpital des Trois-Chêne, les patients affichent leur satisfaction. Toutefois, à l’heure du premier bilan, tout n’est pas rose.
En novembre 2016, face au vieillissement de la population, la succursale thônésienne des Hôpitaux universitaires de Genève inaugurait son Service d’urgences gériatriques. Le rez-de-chaussée d’un bâtiment de l’hôpital était totalement remis à neuf. Des équipements de pointe, dont une IRM et un scanner, étaient installés; une entrée et une salle d’attente érigées.
Le service s’était fixé quatre objectifs: d’abord, que 80% des patients cibles – des personnes de 75 ans ou plus présentant une urgence non vitale et non chirurgicale – se rendent aux Trois-Chêne plutôt que sur le site de Cluse-Roseraie, en ville; ensuite, réduire au maximum le temps d’attente; puis limiter à moins de 5% les transferts des patients des Urgences gériatriques aux Urgences du centre-ville; enfin, que 80% des patients cibles arrivés en ville ou à Thônex et devant passer une nuit en observation – ou plus – la passent aux Urgences des Trois-Chêne.
Les objectifs deux et trois ont été atteints. Les temps d’attente sont quasi inexistants, en partie parce qu’avec environ 3000 patients traités cette première année, il y a encore de la marge. «On pourrait en accueillir 4000», estime le professeur Jean-Luc Reny, responsable du Service de médecine interne et de réhabilitation. Le couloir du Service des urgences, d’une petite centaine de mètres de longueur, était largement vide lundi, lors de la visite de la Tribune de Genève.
Seuls 60% des profils ciblés sont en revanche directement venus à Thônex, là où on en escomptait 80%. «Pour corriger le tir, on va communiquer auprès des patients cibles, dans les EMS, chez eux, indique Jean-Luc Reny. Ils ont tout à y gagner en termes de qualité de service et de confort.» Aux Trois-Chêne, ils disposent de chambres d’un à deux lits – moins qu’en ville; ils sont tout de suite pris en charge, là où en ville les salles d’attente ne désemplissent pas, et les couloirs sont larges. La lumière et la vue sur le parc évoquent en outre les plus belles cliniques du canton.
En 2005, l’établissement thônésien a changé de nom. L’ancien Hôpital de gériatrie (LOGER) répond désormais à celui de Trois-Chêne, le mot «gériatrie» ayant pu repousser les patients. La situation géographique excentrée de l’établissement pourrait effrayer également, dans un canton réputé pour la densité de son trafic routier.
Enfin, seule la moitié des patients cibles amenés à rester une nuit en consultation la passe à Thônex (l’établissement visait les 80%), la coordination avec les ambulances posant notamment problème. Désengorger les Urgences du centre-ville? «Pas un objectif», selon Jean-Luc Reny. Avec 3000 passages par an, les Urgences des Trois-Chêne ne peuvent compenser les 66 000 passages à Cluse-Roseraie. Même si, nuance le professeur, pour les patients âgés, les consultations sont facilement deux fois plus longues. La quasi-totalité des patients vit dans le canton, le seul qui se soit doté d’un Service d’urgences destiné aux seniors.
Richard Etienne

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