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Les proches aidants auront leur ligne téléphonique

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Vendredi, 20 octobre 2017

A l’approche de la journée dédiée à cette thématique, l’Etat dévoile son programme de soutien. Ambitieux

Le 30 octobre est consacré aux proches aidants. Jeudi, le Département de l’emploi, des affaires sociales et de la santé (DEAS) a pris les devants pour présenter son ambitieux programme de soutien à ces personnes actives à domicile. «Cette politique est jugée prioritaire dans le domaine de la santé, notamment en raison du vieillissement démographique», informe Mauro Poggia, patron du DEAS.
Et d’illustrer son propos, chiffres à l’appui: «Nous sommes tous des proches aidants en puissance. Selon l’Enquête suisse sur la santé menée en 2012, un Genevois sur cinq, âgé de 15 ans ou plus, aide de manière régulière et sans rémunération un ou plusieurs proches malades, âgés, en perte d’autonomie ou en situation de handicap.»
Environ trois quarts de ces proches aidants (conjoint, parent, enfant, ami ou voisin) ont moins de 65 ans et plus de deux tiers le font presque tous les jours ou à peu près une fois par semaine. Cette aide est assumée principalement par les femmes (voir notre infographie).

Eviter l’épuisement

Il s’agit dès lors pour le Canton de soutenir tous ces proches aidants pour éviter qu’ils ne s’épuisent dans leur tâche, tombent malades ou s’isolent. Ce principe de soutien est d’ailleurs désormais inscrit dans la Constitution genevoise (article 173). Mais trop de gens l’ignorent, relève Sophie Courvoisier. La directrice de l’Association Alzheimer Genève compte donc sur une semaine d’information inédite – du 30 octobre au 4 novembre au Centre commercial de Balexert (programme détaillé sur «proches-aidants.ge.ch») – et sur la nouvelle ligne téléphonique Proch’info (058 317 7000), «unique en Suisse», pour y remédier.
«Je me souviens d’un monsieur me disant, lors d’une de ces précieuses journées du 30 octobre, qu’il n’avait pas besoin d’un proche aidant… parce que sa femme faisait tout», note la directrice.

Soutien financier?

Le soutien cantonal à ces nombreuses personnes, pour la plupart naturellement dévouées à un être cher, a d’abord pour objectif de leur permettre de se reconnaître en tant que proches aidants. L’Etat dispose plus largement d’un programme comprenant quatre objectifs, assortis de onze actions qui seront développées durant les quatre années à venir.
Quels sont ces objectifs? «Informer les proches aidants, améliorer les prestations de soutien, évaluer l’offre de répit existante et l’étoffer, soutenir financièrement ces personnes», répond Adrien Bron, directeur général de la Santé, aux commandes de ce programme. Un soutien financier? «On songe à une déduction fiscale», précise Mauro Poggia.

Coordination renforcée

Proposé par la commission consultative pour le soutien des proches aidants actifs à domicile, «ce plan d’actions a l’avantage de renforcer la coordination entre plusieurs programmes de santé du Conseil d’Etat en plaçant la personne proche aidante au centre d’un dispositif transversal», se réjouit Mauro Poggia.
Parmi les mesures proposées, certaines sont déjà en cours, à commencer par celle ciblant une meilleure information à travers la journée du 30 octobre. D’autres sont sur le point d’être lancées, comme la ligne téléphonique effective dès le 1er novembre. Elle sera gérée, du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 16 h, par quatre membres de la commission: Pro Senectute, l’Institution de maintien à domicile Imad, la Croix-Rouge genevoise et l’Association Alzheimer Genève.
Cette nouveauté a pour but d’informer toute personne aidante sur les prestations disponibles à Genève en lien avec sa situation propre, en l’orientant vers les structures adéquates.

Foyers bondés

Les autres mesures préconisées, comme le renforcement des solutions de répit, seront développées d’ici à 2020. L’Etat bénéficie pour l’heure de «43 lits dans différentes structures, dont des EMS, pour permettre aux familles de souffler. Ils sont occupés à 80%.» Une réflexion est en cours pour en ouvrir davantage.
Concernant les neuf foyers d’accueil, dont un jour-nuit, «ils sont pleins», lâche Sophie Courvoisier. Au prix de 54 francs par jour, cette prestation ne serait pourtant pas accessible à tous. «Il faut mieux faire connaître l’allocation pour impotent», tranche la directrice d’Alzheimer Genève.
Laurence Bézaguet

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