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L’année 2018 sera très compliquée pour les médecins

A l’occasion de la nomination du Dr Matter au Comité central de la FMH, un article est paru dans la Tribune de Genève du 3 novembre 2017, repris par La Lettre de l’AMGe de novembre 2017 (N° 9):

Elu au Comité central de la FMH, le président des médecins genevois, Michel Matter, défendra la «sensibilité romande»

Le Genevois Michel Matter, 53 ans, a rejoint cette semaine le Comité central de la Fédération des médecins suisses (FMH). Son élection comble une certaine sous-représentation romande, puisque ce comité de sept membres fonctionnait depuis avril 2016 avec un seul «Romand», le Bâlois Remo Osterwalder, établi à Delémont. Alors qu’il s’attend à une année 2018 difficile dans le domaine de la santé, Michel Matter espère bien faire valoir la sensibilité romande outre-Sarine dans différents dossiers.

Pourquoi rejoindre le Comité central de la FMH?

C’est une suite logique de mon parcours professionnel, après avoir été neuf ans président du groupe des ophtalmologues genevois, puis membre du conseil, du bureau, vice-président et aujourd’hui président de l’Association des médecins du canton de Genève. Je crois avoir acquis une vision nationale des enjeux de la santé. J’espère apporter une approche différente des problèmes mais aussi apprendre des autres cantons universitaires ou de Suisse centrale.

Que peut apporter la présence d’un Genevois?

Les Romands ont parfois une sensibilité différente des Alémaniques sur les questions médicales. Les votations le montrent. A la FMH, je ne serai pas le Romand qui défendra la Romandie, mais j’espère être un pont entre les deux côtés de la Sarine, afin de permettre les échanges entre ces sensibilités différentes. Il y aura tout un travail à faire avec les parlementaires car 2018 sera une année très compliquée pour les médecins.

Pourquoi?

Le 1er janvier, les tarifs médicaux seront révisés par ordonnance: Alain Berset a décidé qu’une consultation ne devrait pas dépasser vingt minutes, ce à quoi la FMH s’oppose fortement. Il y a également le projet de budget global alloué aux médecins, qui suscite une vive crainte de rationnement des soins. Il faudra aussi se battre pour le libre choix du médecin, qu’une majorité du parlement pourrait remettre en question.

Sur ces questions la FMH est unanime. Quels sont les sujets que la Romandie envisage différemment?

Les Romands, comme les Tessinois, sont très exposés à l’ouverture des frontières. Nous aimerions nous mettre d’accord sur des critères nationaux d’admission des médecins étrangers, à la fin du moratoire en 2019, avec une prérogative cantonale. Selon nous, un médecin étranger désirant s’établir en Suisse devrait passer au moins trois ans dans une institution hospitalière suisse, parler la langue du lieu d’activité et valider la formation continue.

A plus long terme, quels sont les enjeux importants?

Il est fondamental de réfléchir aux conditions de travail et à la formation des jeunes médecins. L’intelligence artificielle, la robotique, la numérisation arrivent à grands pas. Il faut s’y préparer. Et alors que la santé représente un marché gigantesque de 70 milliards, qui aiguise beaucoup d’appétits, «Veillons à garder une médecine centrée sur l’humain», lance le Dr Michel Matter, élu au Comité central de la FMH.

Sophie Davaris

Précisions du Bureau de l’AMGe concernant l’article de la Tribune de Genève du 3 novembre 2017

  1. S’agissant de la composition du Comité central de la FMH et de la représentativité romande, il convient de relever que l’élection du Dr Michel Matter fait suite à la démission du Dr Rémo Osterwalder.
  2. Concernant le paragraphe relatif au tarif médical révisé par ordonnance par M. Alain Berset («pourquoi?»), il sied de préciser que le terme «Consultation» fait référence au temps à l’écoute des patients, avant et après l’examen physique ou d’autres examens. Il s’ensuit que, dans certaines situations, la limitation à 20 minutes pourra être dépassée.