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La médecine sportive veut s’étendre au grand public

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  Mercredi, 25 avril 2018

Un centre flambant neuf a été inauguré à l’Hôpital de La Tour, à Meyrin. Le marché de la médecine du sport est en plein essor.

L’Hôpital de La Tour se dote d’un centre de pointe dédié à la médecine du sport. Inauguré en grande pompe mardi, en présence de 400 invités, dont le conseiller d’État en charge de la Santé, Mauro Poggia, il se veut unique en son genre.
Le centre, installé dans un édifice de 26 000 m2 appelé Bâtiment B2, recense 64 lits, deux étages de cabinets de consultation, des blocs opératoires et un équipement de pointe. Des tapis roulants qui permettent de courir quasiment en apesanteur côtoient d’autres tapis munis de capteurs ultrafins, un trampoline, un mur de grimpe ou une piscine.

Hyperspécialisation

Onze chirurgiens orthopédistes spécialisés par articulation, des centres de rhumatologie, de neurologie, d’endocrinologie, de diabétologie et d’obésité viennent compléter l’offre. L’hôpital compte encore recruter une cinquantaine de personnes – de la médecine à l’administration – pour répondre à la demande.
Elle est croissante, alors qu’une partie toujours plus importante de la population se rend désormais compte que ne pas pratiquer d’activité physique de base est tout aussi néfaste pour la santé que de fumer régulièrement.
D’autres acteurs se profilent sur ce créneau. La Clinique La Colline, du groupe zurichois Hirslanden, a inauguré l’an dernier un pôle similaire à Genève. En Suisse, une dizaine de centres bénéficient du label Swiss Olympic Medical Center, signe d’excellence en matière de traitement et d’encadrement médico-sportifs. Celui de La Tour en fait partie. Le nombre de consultations de médecine du sport y a plus que doublé ces dix dernières années (voir infographie).
«Notre rôle consiste à rétablir le mouvement, améliorer le mouvement, inciter au mouvement», indique le docteur Finn Mahler, directeur du centre de médecine du sport de La Tour. «Pour tout le monde.»
L’arsenal meyrinois vise en effet à rétablir un sportif d’élite mais aussi le premier quidam. Un Meyrinois qui chute à bicyclette peut se rendre à n’importe quelle heure aux Urgences de La Tour, le seul établissement cantonal avec les HUG à proposer un tel service 24 heures sur 24, puis bénéficier de ses services de médecine du sport tout en étant remboursé.
«S’il veut ensuite en faire davantage, bénéficier d’un coaching particulier pour préparer une course, c’est aussi possible, mais pas remboursé», précise Finn Mahler. L’hôpital doit encore se déterminer sur la tarification de ces nouveaux services en la matière.
Cent vingt millions de francs ont été mis sur la table pour construire le Bâtiment B2 et financer ses équipements, une somme récoltée par un emprunt obligataire, dans les fonds propres de l’entreprise et auprès de ses investisseurs, dont fait partie la famille d’origine grecque Latsis.
La Tour Medical Group, la holding qui possède l’Hôpital de La Tour (mais aussi une clinique à Carouge et un centre médical à Meyrin), entend ainsi conserver son statut de poids lourd historique du secteur en Suisse.

Créé dans un container

Lancé en 1995 dans un container de 20 m2 dans un parking de l’hôpital par les frères Finn et Per Bo Mahler, le premier centre de consultation de médecine du sport à Meyrin a vite connu le succès. Il a d’abord été déplacé dans un autre parking, plus grand, avant d’étendre son offre dans un espace de 500 m2. Plusieurs grands sportifs ont bénéficié de ses services, de Lara Gut à Didier Defago.
Le centre inauguré mardi, dont le chantier a démarré en 2014, est le résultat d’une réflexion lancée il y a une décennie. Ses tenants disent proposer des services quasiment uniques au monde tout en ciblant une patientèle suisse. Son personnel soigne peu d’étrangers, malgré les idées reçues. Guère plus de dix pour-cent des patients de l’Hôpital de La Tour viennent de l’étranger.

Richard Etienne

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