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Petite révolution contre la migraine

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  Vendredi 8 Juin, 2018

Un traitement novateur produit par Novartis vient d’être approuvé aux États-Unis. A priori efficace, mais fort coûteux, il devrait également arriver en Suisse d’ici peu.

Près d’un quart des femmes, en âge de fertilité, souffrent de migraines… Puis cela s’estompe souvent avec les années. Reste que, globalement, un Suisse sur dix est plus ou moins fréquemment victime de céphalées. Des crises avec des douleurs qui peuvent être très violentes, sur un seul côté du crâne, associées à des nausées, des vomissements, ou encore une intolérance au bruit et à la lumière.
Pas étonnant, du coup, que tous les nouveaux traitements qui arrivent sur le marché suscitent de grands espoirs. C’est le cas de l’Aimovig, produit par Novartis, et Amgen, dont l’utilisation vient d’être approuvée aux États-Unis. Et qui devrait également être disponible, en Europe et en Suisse, d’ici à quelques mois. Le produit est d’autant plus attendu qu’il est présenté comme totalement novateur et susceptible de venir en aide aux patients qui ne répondent pas à d’autres médicaments.
Mais est-ce vraiment le cas? Le Pr Andreas Kleinschmidt, chef du service de neurologie aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), répond par l’affirmative.
«La grande nouveauté, c’est qu’il s’agit d’un traitement de fond qui fonctionne comme une vaccination passive, avec des anticorps», explique-t-il.
Concrètement, ce produit doit être administré, une fois par mois, par le patient lui-même, à l’aide d’un stylo à injection semblable aux stylos à insuline. Et il agit en ciblant et bloquant le récepteur de peptide, baptisé CGRP ( calcitonin gene related peptide), qui transmet les signaux de la migraine.
«Il existe déjà des traitements de fond, aux côtés des traitements d’attaque – comme les triptans qui sont utilisés pour faire face aux crises aiguës. Mais ils sont conçus, au départ, pour traiter d’autres problèmes: épilepsie, hypertension ou encore dépression. Dans environ 30 à 50% des cas, ils n’ont pas d’effets bénéfiques sur les patients migraineux ou leur provoquent trop d’effets secondaires», explique le spécialiste, en ajoutant: «Le gros avantage de l’Aimovig, c’est qu’il ne produit justement pas d’effets secondaires importants.»
En revanche, il a un gros inconvénient: son coût. Aux États-Unis chaque injection revient à 575 dollars (564 fr.), soit 6900 dollars (6780 fr.) par an. On peut imaginer qu’il en soit plus ou moins de même chez nous. Ce qui peut constituer un frein important. «On devrait logiquement d’abord proposer les traitements moins chers, pour voir s’ils fonctionnent», estime le Pr Andreas Kleinschmidt. Le prix pourrait toutefois baisser, vu que d’autres laboratoires travaillent sur des projets équivalents, et qu’ils pourraient également être commercialisés d’ici peu.

Le Matin

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