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La lutte contre le «crabe» passe par la soie d’araignée

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  Jeudi 14 Juin, 2018

Une équipe de chercheurs, notamment genevois, a mis au point une technique pour combattre le cancer.

La nature recèle des trésors. Par exemple la soie des araignées, avec laquelle elles tissent leurs toiles, forment leurs cocons ou conservent leurs proies. Ce matériau pourrait bien ajouter une corde à son arc en révolutionnant les méthodes de vaccination contre le cancer. C’est ce qu’ont démontré des chercheurs de plusieurs universités suisses et allemandes, dont des scientifiques de l’UNIGE.
«Pour développer des médicaments immunothérapeutiques efficaces contre le cancer, il est indispensable de générer une réponse importante des lymphocytes T», précise la professeure Carole Bourquin, spécialiste des immunothérapies antitumorales aux Facultés de médecine et des sciences de l’UNIGE, qui a dirigé les recherches. Ces lymphocytes, producteurs d’anticorps, sont en effet des cellules essentielles de notre défense immunitaire. Or «les vaccins dont nous disposons actuellement n’ont qu’une action limitée sur ces lymphocytes».
L’épeire diadème, une bête araignée de jardin, a été choisie pour mettre au point la nouvelle technique, à découvrir dans la revue «Biomaterials». À quoi sert sa soie, synthétisée en labo? En gros, à fabriquer de petites capsules capables de transporter des substances jusqu’aux lymphocytes, sans se désagréger avant d’y parvenir. Car les lymphocytes, du genre paresseux, doivent être stimulés par un peptide – petit bout de protéine – afin de réveiller leurs anticorps.
«De plus en plus, les scientifiques cherchent à imiter la nature, note Thomas Scheibel, de l’Université de Bayreuth, spécialiste mondial de la soie d’araignée. Cette démarche a un nom: la bioinspiration. C’est exactement ce que nous avons fait ici.» Solide, fine, biocompatible, biodégradable et résistante à des conditions extrêmes, la soie de l’épeire diadème a en effet toutes les qualités requises et ouvre des perspectives de vaccination inédites. Les recherches se poursuivent pour voir si l’on peut incorporer dans ces capsules de soie des antigènes plus grands que les peptides, afin de lutter contre certaines maladies virales.

Xavier Lafargue

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