< | >

Une fondation offre un prix de 100 000 francs

Cet article a plus d'un an, les informations pourraient être perimées. Merci d'en tenir compte.

  Mercredi 27 Juin, 2018

Un projet de recherche en hématologie est primé tous les deux ans. Le prochain prix sera remis aujourd’hui.

Comment soutenir la recherche médicale? La Fondation Peter Anton et Anna Katharina Miescher pour la recherche en hématologie avait l’habitude de distribuer de petites sommes ici et là. Depuis deux ans, elle a changé de stratégie. Elle mise désormais sur un seul chercheur recruté dans toute la Suisse, auquel elle décerne la somme de 100 000 francs. Le prochain lauréat est une lauréate: Claudia Lengerke, de l’Université de Bâle, recevra son prix ce mercredi.
Rappelons-le, l’hématologie s’intéresse au sang et donc aux globules rouges (anémie), aux globules blancs (nos défenses), aux plaquettes (qui protègent des risques d’hémorragie et de thrombose) et au plasma (dont les protéines peuvent rendre le sang visqueux, ce qui est très dangereux). Les hématologues suivent les pathologies bénignes et malignes du sang, telles que les lymphomes et les leucémies. Ils s’occupent également des transfusions et des maladies héréditaires du sang.
La Fondation pour la recherche en hématologie a été créée à Genève en 1985 après que la famille d’un patient a choisi de léguer 300 000 francs à l’ancien professeur d’hématologie des HUG Peter Anton Miescher. Elle vise à soutenir la recherche, à assurer la relève et à encourager la formation de base et la formation continue des hématologues. Avec les années, les dons se sont succédé et la fondation dispose désormais d’une fortune dépassant le million. Elle recherche toujours des fonds (par le biais de soirées musicales ou de sorties au cinéma), afin d’accroître l’impact de son aide.
«Notre ancienne stratégie n’était pas très bonne», estime le professeur Photis Beris. L’ancien responsable du Service d’hématologie clinique des HUG, désormais secrétaire de la fondation, a eu l’idée, avec la présidente Jasmin Zeinal-Zade et le conseil de fondation, de passer une convention avec la Société suisse d’hématologie pour accroître son influence. C’était en 2015. «Nous sommes parmi les rares fondations à avoir noué une convention avec une société savante», se félicite le professeur.
Le but? Organiser un concours afin de désigner le meilleur projet de recherche en hématologie, qu’il vienne d’un chercheur travaillant en Suisse ou dans une institution helvétique à l’étranger. «C’est un investissement. En 2016, la Bâloise Sara Meyer avait gagné le prix. Depuis, elle a publié son travail dans un très bon journal et l’a présenté au Congrès américain d’hématologie en décembre 2017.» Cette année, c’est de nouveau une femme et de nouveau une Bâloise qui remporte la mise. Choisie sur treize candidats, Claudia Lengerke, chercheuse d’origine roumaine née en 1974, veut guérir la leucémie aiguë de l’adulte en éradiquant ce qu’on appelle «la maladie résiduelle».
Photis Beris explique: «Aujourd’hui, le traitement contre la leucémie conduit souvent à une rémission complète. Mais la maladie n’est pas éradiquée pour autant. Il suffit qu’une cellule sur un million persiste pour que la leucémie récidive, souvent plus agressive que dans sa phase initiale. Le projet de Claudia Lengerke consiste à trouver des stratégies thérapeutiques qui ciblent la maladie résiduelle minime. Cela permettrait de guérir véritablement, même sans pratiquer une greffe.»

Sophie Davaris

< Retour à la liste