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Il ingère par erreur une pastille de javel

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Samedi 30 Juin, 2018

Un Genevois de 65 ans a vécu un véritable calvaire après avoir pris une pastille de javel pour un antidouleur.

Tout est parti d’un banal mal de tête. Un Genevois de 65 ans a voulu avaler un antidouleur pour se soulager. Mais il s’est trompé et le malheureux a ingéré une pastille de javel. Son cas est détaillé par des spécialistes des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) dans le «British Medical Journal Case Report».
La pastille ingurgitée, les effets sont immédiats. L’homme ressent une sensation de brûlure à la bouche et à la gorge. Puis il est pris d’une forte toux, qui lui permet de recracher une partie de la pastille. Une heure plus tard, il est aux urgences des HUG. Les premiers examens sont plutôt rassurants. Il semble assez bien se porter malgré une lésion au larynx. On lui administre des opiacés, qui font effet: moins de douleur lors de la déglutition, amélioration partielle de sa voix. Il est décidé de le garder six heures en observation avant un nouvel examen puis un possible retour à la maison. Ça ne va pas du tout se passer comme ça.
Son état se dégrade. Il ne peut plus parler. Les douleurs deviennent sévères. Les médecins constateront une nécrose superficielle de l’épiglotte comme des cordes vocales. Et un œdème massif qui rend toute déglutition extrêmement difficile. Le sexagénaire est intubé, et on lui administre des corticoïdes. Plus question de retour à la maison.

«Je me suis battu pour survivre»

Le lendemain, les spécialistes décident d’effectuer une trachéotomie. Ils traitent leur patient avec des inhibiteurs de la pompe à protons, pour réduire l’acidité gastrique. Et il n’est plus alimenté qu’à travers sa sonde naso-gastrique. Il passera deux semaines comme ça, aux soins intensifs, respirant par un tube, «mangeant» par un autre. Avant d’enfin recommencer à pouvoir s’alimenter, pas à pas. Les spécialistes genevois notent que les ingestions de javel ou de soude caustique sont malheureusement fréquentes: plus de 5000 cas recensés chaque année rien qu’aux États-Unis. Mais il s’agit habituellement d’un liquide avalé. Leur cas, avec une pastille, est rare. Et donc peu documenté. «Le traitement ainsi que les dommages possibles sur le pharynx et le larynx restent inconnus», écrivent-ils. C’est pourquoi ils ont publié le détail de ce cas.
Quant au Genevois, anonyme, il livre brièvement son expérience à la fin de la publication. Il évoque sa gorge douloureuse ou l’empressement des médecins après le second examen ORL, mais ses souvenirs sont confus. «Tout le monde m’a dit que j’étais revenu d’un long chemin, conclut-il. Je sais que je me suis battu pour survivre, je voulais vivre.»

Renaud Michiels

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