< | >

Le plafonnement des primes passe un premier examen tranquille

   Vendredi 12 octobre, 2018

L’idée d’opposer un contre-projet à l’initiative semble séduire une majorité de députés.

L’initiative populaire «Pour des primes d’assurance-maladie plafonnées à 10% du revenu du ménage» est désormais entre les mains du Grand Conseil. Jeudi, la proposition déposée par l’Alternative a filé en Commission des affaires sociales après les premières prises de position par les groupes.
Si cette première passe d’armes doit en principe porter surtout sur la validité formelle de l’initiative (qui n’est pas contestée), le débat est en réalité bien plus avancé. La «faute» en revient en grande partie au Conseil d’État qui, d’entrée de jeu, a dit vouloir l’élaboration d’un contre-projet. Dès lors, c’est sur cette question que se sont positionnés les partis.

Un coût qui fait peur

Après ce premier tour de piste, il apparaît que le contre-projet a de toute évidence l’attrait suffisant pour séduire une majorité d’élus. La droite et le MCG y sont favorables, craignant que l’application de l’initiative conduise à la ruine les finances publiques.
«Oui, notre système de santé a atteint ses limites», a reconnu le PLR Pierre Conne. Mais il estime que la solution proposée n’est pas tenable. «La mesure sera très coûteuse pour l’État et ne sera pas supportable pour le contribuable», a insisté la MCG Françoise Sapin.

La gauche pressée

À gauche, on reconnaît volontiers que l’initiative ne résoudra pas tous les maux de la loi sur l’assurance-maladie (LAMal), mais on invoque l’urgence. «Oui, la population a mal à sa LAMal, a lancé Jocelyne Haller (Ensemble à Gauche). Il est vrai que l’État intervient déjà beaucoup, mais souvent trop tard. Il faut intervenir en amont avant que les familles se retrouvent en difficulté.»
«Nous proposons une solution provisoire et ciblée, a poursuivi la socialiste Jennifer Conti. Nous sommes dans l’urgence.» La Verte Marjorie de Chantonnai renchérit: «Les primes représentent 20% du revenu de certains ménages, ce n’est pas tenable. Plus d’une personne sur cinq renonce à des soins à Genève pour des raisons de coût.»
Au final, et malgré les divergences, la nécessité d’agir a fait l’unanimité. Le différend porte sur le ciblage et, plus encore, sur la nécessité ou non d’aller vite. En effet, si la piste d’un contre-projet se concrétise, cela laisserait au Grand Conseil jusqu’à juin 2020 pour l’adopter, rallongeant la procédure d’un an.
Plus tard dans la soirée, le parlement a longuement débattu d’une résolution déposée par la gauche concernant le glyphosate, un herbicide très utilisé en Suisse. Le texte est une demande faite à l’Assemblée fédérale «d’organiser la sortie programmée du glyphosate». Il souhaite également le renforcement des recherches agronomiques en vue de trouver des alternatives. La résolution a été adoptée par 45 oui contre 43 non et une abstention.
Enfin, le Grand Conseil devait se prononcer, à huis clos, sur la levée de l’immunité d’une procureure à la demande du Ministère public. L’affaire concerne l’effacement d’un enregistrement d’une conversation téléphonique. Le verdict n’était pas tombé à l’heure où nous mettions sous presse.

Éric Budry

< Retour à la liste