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Le péril de la rougeole est rappelé aux étudiants

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   Vendredi 19 octobre, 2018

L’Université de Genève effectue une sensibilisation alors que celle de Lausanne est confrontée à la maladie.

Pour l’heure, tout va bien, mais on ne sait jamais. Les personnes liées à l’Université de Genève ont été invitées mercredi à vérifier leur protection vaccinale face à la rougeole et à réagir le cas échéant. Y a-t-il péril en la demeure? Non, mais l’actualité incite à réfléchir. En effet, ce rappel survient alors que l’alma mater de Lausanne (UNIL) vient d’être confrontée à une attaque de la maladie.
«Il importe de rappeler qu’il s’agit d’une maladie très contagieuse, déclare Jacques-André Romand, médecin cantonal genevois. On s’adresse aux étudiants de l’Université car l’institution dispose d’un canal de diffusion et parce que les jeunes constituent une population très mobile.»
Motif supplémentaire pour cibler cette population particulière: les jeunes adultes sont parfois mal protégés contre l’affection. «La génération qui se trouve maintenant dans la vingtaine ou la trentaine n’a souvent bénéficié que d’une dose de vaccin, en fonction des recommandations qui prévalaient à l’époque, alors qu’on juge aujourd’hui qu’il en faudrait deux pour être protégé», poursuit le médecin cantonal. Les personnes nées avant 1963, elles, ont presque toutes subi la rougeole durant leur enfance et sont donc immunisées.

Quarantaine en quarantaine

L’irruption de la maladie peut avoir un impact fâcheux sur un cursus universitaire: «Si elle venait à se déclarer en période d’examens, les personnes qui ne sont pas immunisées seraient empêchées de se présenter», poursuit Jacques-André Romand. Sur son site, l’UNIL sensibilise les étudiants à cette éventualité.
Sur le campus lausannois, la maladie a été amenée par un étudiant dont les parents, semble-t-il, étaient opposés au concept même de vaccination. Onze personnes y sont tombées malades ces dernières semaines. Selon l’UNIL, une quarantaine d’autres y ont fait l’objet d’une mesure d’éviction. Concrètement, il leur est interdit de fréquenter l’institution durant une période de trois semaines. De telles mesures découlent de la loi fédérale sur la lutte contre les maladies transmissibles de l’homme. Mis en quarantaine, ces individus ne sont pas obligatoirement malades, mais ils présentent la double caractéristique d’avoir été en contact avec des personnes touchées et de ne pas être eux-mêmes immunisés contre le virus. On les tient donc à l’écart afin d’enrayer la propagation de la maladie.

Puissante contagion

La rougeole est réputée cinq ou six fois plus contagieuse que la grippe. Pénétrer dans un auditoire où une personne infectée a séjourné deux heures plus tôt peut suffire pour contracter la maladie. On est déjà contagieux, sans le savoir, quatre jours avant la manifestation de ses symptômes.
Bien que jadis très répandue, la rougeole n’a rien de bénin. Elle peut entraîner des complications telles que des pneumonies ou des encéphalites. Dans les cas extrêmes, elle peut entraîner la mort.
À la différence de ses voisins vaudois, Genève ne déplore pour l’heure aucun cas. La couverture vaccinale y est bonne. «L’Organisation mondiale de la santé vise 95% de la population afin d’éradiquer la maladie, et cet objectif est largement atteint avec les jeunes nés depuis l’an 2000 à Genève, souligne le médecin cantonal. C’est justement grâce à cette bonne couverture vaccinale que certains peuvent se permettre égoïstement de renoncer à la vaccination, tout en étant protégés par les autres. La vaccination a en effet pour but de se protéger soi-même, mais aussi de combattre la maladie et d’en préserver autrui.»
Cette protection reste toutefois relative. Car la rougeole connaît des flambées dans les pays européens voisins. Et si la situation sur ce front a été calme dans le canton ces dernières années, avec seulement 19 cas recensés entre 2012 et 2017, soit une moyenne d’environ trois malades par an, les épidémies n’évitent pas toujours le bout du lac. En 2011, la rougeole avait terrassé 211 Genevois.
L’Université de Genève propose aussi à son personnel et ses étudiants de faire numériser leur carnet de vaccination et de le vérifier. Une nouvelle action de ce type sera menée en novembre.

Marc Moulin

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