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Suicide assisté,le malaise

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  Vendredi 26 octobre, 2018

La FMH a refusé de reprendre dans son code de déontologie les nouvelles directives sur la fin de vie élaborées par l’Académie suisse des sciences médicales. Dans la version revisitée qui était proposée, ces directives prévoient qu’un médecin puisse pratiquer l’assistance au suicide pour les patients qui présentent une «souffrance insupportable» liée aux symptômes d’une maladie ou d’une infirmité incurables. Jusqu’à présent,
la notion retenue était que la fin de vie devait être proche.
La FMH juge que le terme de souffrance insupportable est trop vague. Dans les faits, sa décision ne devrait pas changer grand-chose. Les médecins sont soumis comme tous les citoyens au Code pénal, qui n’interdit pas le suicide assisté, sauf si les motifs sont égoïstes. Et aujourd’hui déjà, la pratique dépasse les règles internes à la profession.
De façon plus symbolique, cette décision révèle un décalage. D’un côté, le monde médical a été formé à sauver des gens et semble craindre de banaliser la mort. Et cela malgré le fait qu’un médecin reste libre de refuser de participer à un tel accompagnement. De l’autre côté, l’assistance au suicide est toujours plus fréquente. La décision de la FMH traduit un malaise dans une profession qui fait face à ces bouleversements. Et qui est notamment remise en cause par des patients revendiquant leur autonomie. C’est un fait, la notion de souffrance insupportable a une part de subjectivité et peut impliquer une lourde responsabilité. Mais la médecine n’a-t-elle pas une dimension subjective, liée au fait que chaque histoire de vie est différente?

Caroline Zuercher

 

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