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Le Canton de Genève est bon élève dans le soutien aux proches aidants

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  Lundi 29 octobre, 2018

Le Conseil fédéral vante le programme genevois de mesures d’assistance et de soutien pour la période 2017-2020.

Demain a lieu une journée dédiée aux proches aidants. Les six cantons de Suisse occidentale (Genève, Vaud, Fribourg, Neuchâtel, Jura et Valais) y participent afin de remercier tous ceux qui se dépensent sans compter pour un proche âgé ou malade. «Notre société doit énormément à ces personnes, nous explique Mauro Poggia, patron du Département de l’emploi et de la santé (DES). Nous devons les préserver du risque d’épuisement, lequel peut être aussi une cause d’hospitalisation. D’où notre engagement à leur offrir du répit, de l’information et du soutien.»
Le message «Avec toi, je peux…» guidera les divers événements qui seront proposés, ces prochains jours, à cet effet (lire ci-dessous). «Ces héros et héroïnes de la vie ordinaire, dont le rôle est parfois méconnu», selon les termes de Mauro Poggia, consacrent de leur temps à un proche atteint dans sa santé et son autonomie, assurant une présence et un appui pour l’aider et contribuer à sa sécurité.

Éviter l’épuisement

Mais pour accompagner l’autre, il faut aussi penser à soi. Raison pour laquelle les six cantons encouragent les proches aidants à recourir aux différents soutiens à leur disposition pour éviter qu’ils ne s’épuisent dans leur tâche, tombent malades ou s’isolent.
Ce principe de maintien à domicile est d’ailleurs inscrit dans la Constitution genevoise (article 173). «Or trop de gens l’ignorent», note Sophie Courvoisier, directrice de l’Association Alzheimer Genève*. Cette journée spéciale du 30 octobre est «une bonne occasion pour permettre aux gens de se reconnaître comme proche aidant et d’oser demander de l’aide».
Ce d’autant plus qu’en raison de l’évolution démographique, l’implication de ces proches est appelée à augmenter. Une question qui préoccupe les pouvoirs publics tant sur le plan cantonal que national. Depuis 2017, le Conseil fédéral recense ainsi les offres existantes au niveau des cantons pour décharger ces personnes. Parmi les modèles de bonnes pratiques disponibles sur la plateforme fédérale figure le programme genevois de mesures d’assistance et de soutien en faveur des proches aidants pour la période 2017-2020.

Une ligne téléphonique

Rappelons à ce titre que l’une des mesures mises en œuvre à Genève concerne la ligne d’appel téléphonique Proch’Info, qui informe et oriente ces précieux accompagnants (058 317 70 00). Depuis son lancement il y a juste un an, près de 520 appels ont été enregistrés.
Les autres mesures préconisées dans le programme cantonal ont trait à l’amélioration des prestations de soutien et de répit, ainsi qu’à une aide financière. «Nous sommes plutôt bien dotés en structures avec dix foyers de jour (ndlr: le dernier ouvre le 1er novembre), estime Sophie Courvoisier. Le Canton compte aussi une quarantaine de lits dans des unités d’accueil temporaire de répit (UATR), mais il manque des solutions d’urgence. La coordination entre acteurs doit aussi être améliorée.» Mauro Poggia observe encore que «l’activité des proches aidants ne touche de loin pas que les personnes âgées vivant à domicile, mais aussi les enfants gravement malades, les personnes handicapées et parfois des jeunes avec des troubles psychiatriques». Et Sophie Courvoisier d’ajouter: «Il n’y a pas d’âge, pas de milieu spécifique… Nous sommes tous des proches aidants en puissance.»

Impact sur la famille

Selon l’Enquête suisse sur la santé (ESS) menée en 2012, un Genevois sur cinq âgé de 15 ans ou plus aide, de manière régulière et sans rémunération, un ou plusieurs proches malades, âgés, en perte d’autonomie ou en situation de handicap. Parmi ces proches aidants actifs à domicile (conjoint, parent, enfant, ami ou voisin), un peu plus des trois quarts (78%) ont moins de 65 ans et plus des deux tiers (63%) le font presque tous les jours ou à peu près une fois par semaine. Cette aide est assumée principalement par des femmes (61%) et par des personnes entre 50 et 64 ans (31%).
*On recense 8300 personnes souffrant de l’alzheimer ou d’autres formes de démence à Genève – qui nécessitent en moyenne l’aide de trois proches pour chacune d’entre elles – et ces chiffres devraient tripler d’ici à 2050.

Laurence Bézague

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