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Fin de vie

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  Mardi 30 octobre, 2018

C’est ce que vient de faire la Chambre médicale de la Fédération des médecins suisses (FMH) en refusant d’accepter les nouvelles directives «Attitude face à la fin de vie et à la mort» de l’Académie suisse des sciences médicales (ASSM). Lors de la mise en consultation de ces directives avant leur publication en juin 2018, 75% des personnes et institutions consultées ont accepté ces nouvelles directives, en particulier celles concernant l’assistance au suicide. C’est donc une poignée de confrères terriblement conservateurs qui a décidé de ne pas inscrire ces nouvelles directives dans le code de déontologie de la FMH, malgré l’avis de la population et l’approbation de la majorité des institutions consultées. C’est la première fois que cela se produit, et personne ne connaît encore les conséquences de ce désaccord. La pierre d’achoppement est donc avant tout ce critère de «souffrance insupportable», qui serait beaucoup trop subjectif pour les opposants, alors que celui de «fin de vie éminente» leur paraît plus objectif. Qui d’autre que le patient peut définir l’exacte raison de sa demande? C’est avant tout lui que cela concerne. Comment et pourquoi ne pas respecter avant tout que celui qui demande l’assistance au suicide soit le plus compétent pour exprimer sa volonté tout en respectant les garde-fous mis en place par l’ASSM? Tout au long de notre vie, nous sommes appelés à prendre des décisions plus ou moins importantes; pourquoi ne serions-nous pas capables de décider de notre mort, pourquoi devrions-nous laisser ce choix à la soi-disant objectivité du corps médical, alors qu’il s’agit en fait du pouvoir paternaliste de certains confrères? Notre autodétermination doit être respectée et doit rester le critère essentiel dans tout ce qui concerne les décisions médicales, même en fin de vie.

Béatrice Deslarzes

 

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