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Les jeunes de droite contre le «flicage» des assurés

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  Mardi 30 octobre, 2018

Les jeunes du PLR et du PDC s’opposent à la loi sur la surveillance des assurés, en votation le 25 novembre.

Le «flicage» des assurés ne fait pas peur qu’à la gauche. Les jeunesses de la droite y sont aussi opposées à Genève. Hier, les Jeunes PLR et PDC, ainsi que les Vert’libéraux, ont déploré les risques de dérives que recèle la loi sur la surveillance des assurés, soumise au peuple le 25 septembre. «Il y a une atteinte choquante à la protection de la sphère privée, dénonce Célian Hirsch, pour les Jeunes PLR. Les possibilités qu’offre cette loi vont beaucoup trop loin.»
«Cette loi concerne tout le monde, pas seulement les rentiers à l’assurance-invalidité, avertit le député Pierre Conne, qui rejoint les jeunes de son parti dans ce combat. Elle touche aussi l’AVS, les prestations complémentaires, l’assurance maladie ou militaire.»
Les opposants rappellent que cette loi a été adoptée afin de fournir une base légale à la surveillance qui, jusqu’alors, était fixée par les tribunaux. «Or, la loi va plus loin que la pratique issue de la jurisprudence, critique Célian Hirsch. Elle offre aux assurances davantage de compétences que la police n’en a aujourd’hui, des compétences qui seront transmises à des détectives privés.»
La loi stipule qu’un assuré pourra être observé «s’il se trouve dans un lieu qui est librement visible depuis un lieu accessible au public.» En clair, une personne dans son salon pourra être observée, assurent les opposants. Un point de vue que contestent les partisans de la loi en se basant sur la jurisprudence actuelle. Autre grief: «Aucune sanction n’est prévue si un détective outrepasse ses compétences et utilise, par exemple, un drone», critique le PDC Benjamin Aebi. «Or, pour obtenir des résultats, les détectives seront logiquement incités à dépasser le cadre de la loi», assure Marc Wuarin, Vert’libéral. Pierre Conne dénonce une mesure disproportionnée: «En 2016, sur 434 000 bénéficiaires de rentes AI, il y a eu 2000 cas douteux et seuls 180 ont été confirmés après enquête.» Selon lui, on sort la grosse artillerie «pour s’en prendre aux plus vulnérables». Pour le médecin, on ferait mieux d’attaquer le mal à la racine en améliorant les expertises, dont la qualité est toute relative. «Mais la Suisse ne forme pas assez d’experts.»

Christian Bernet

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